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Les dernières heures de la chute de Gbagbo Publié le mercredi 27 avril 2011 | L’Inter

Isolé, encerclé, épuisé et affamé, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo s’est montré pugnace jusqu’au bout, n’hésitant pas à ordonner le bombardement de la résidence de l’ambassadeur de France. Deux semaines après sa chute, récit d’une capture obtenue de haute lutte.
Premières images après sa capture. Laurent Gbagbo a l’air hébété. Il ne semble pas comprendre ce qui lui arrive. Et pour cause. Jusqu’au dernier moment, il a cru qu’il pourrait renverser la partie.
Jeudi 7 avril, Alassane Ouattara décrète le blocus de sa résidence. Vendredi 8 avril, sa réplique est foudroyante
: sept obus et trois roquettes s’abattent sur la résidence de l’ambassadeur de France, qui jouxte la sienne. Pas de blessés.
Samedi 9 avril, Laurent Gbagbo va plus loin. Il ordonne l’attaque du Golf Hôtel, le QG de son adversaire. Une heure de bombardements au mortier, à partir de sa propre résidence
! Une heure de panique dans le camp Ouattara. Au total, plus de peur que de mal. Mais la preuve est faite que les frappes de l’Onuci et de la force française Licorne, le 4 avril, n’ont pas suffi. Le camp Gbagbo a mis des armes lourdes à l’abri. Il reste fort.
Main dans la main
Mieux, il réussit à renforcer son dispositif de défense. À Cocody, les pilotes d’hélicoptère de l’Onuci en reconnaissance constatent avec effarement qu’une soixantaine de blindés et de pick-up sont venus des camps militaires d’Agban et d’Akouédo pour protéger la résidence. Désormais, il y a là trois fois plus de moyens qu’avant les frappes du 4 avril
! À la manœuvre, le général Dogbo Blé, le chef des Bérets rouges de la garde républicaine. En octobre 2000, c’est lui qui avait retourné une partie de l’armée contre le général Gueï.
Même région natale, mêmes combats… Dogbo Blé et Gbagbo sont main dans la main. Le militaire est à la présidence, au Plateau. Le politique à la résidence, à Cocody. Ils sont en liaison permanente. Un modèle
: Idriss Déby Itno. En février 2008, le président tchadien avait retourné in extremis la situation, à 500 m de son palais. Ce samedi 9 avril, ils y croient encore…
Le même soir, branle-bas de combat dans le camp Ouattara. L’attaque du Golf Hôtel en a sonné plus d’un. Le camp Gbagbo relève la tête. Il faut la couper tout de suite, sans quoi… Alassane Ouattara est au Golf et Guillaume Soro au « corridor de Gesco », à l’entrée nord d’Abidjan. Il campe avec ses hommes à la belle étoile ou, au mieux, dans une auberge villageoise. Soro presse Ouattara de demander à l’ONU et à la France une deuxième série de frappes sur les armes lourdes de Gbagbo. Alassane Ouattara contacte Paris et New York. A priori, pas de problème. Comme le lundi 4, l’opération peut être couverte par la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l’ONU. « La décision a été difficile à prendre, confie un diplomate français. Cette fois-ci, on avait une obligation de résultat. » Sous-entendu
: si les frappes ne réussissaient pas, le camp Gbagbo pouvait gagner la bataille. Nicolas Sarkozy hésite. Mais un argument le convainc. C’est le précédent Kaddafi. Il y a deux mois, tout le monde le croyait fini. Il tient toujours. Pas question de laisser s’enliser le conflit ivoirien, avec le risque de voir surgir des règlements de comptes ethniques.
« Bouffé du lion »
Le dimanche 10 avril en début d’après-midi, le compte à rebours est lancé. Les premières frappes auront lieu à 16
h45. Toute la nuit précédente, les hélicoptères de Licorne ont tourné au-dessus de Cocody pour identifier une à une les armes lourdes du camp Gbagbo. Le QG de l’Onuci, au nord du Plateau, est visé par des tirs. Dans son bunker, Choi Young-jin, son patron, bout d’impatience. « Les jours précédents, il était prudent. Mais, ce dimanche, il a bouffé du lion », raconte un témoin. À l’heure dite, les deux MI-24 de l’Onuci, pilotés par des Ukrainiens, entrent en action. Normal. Ils ne peuvent voler que de jour. Ils attaquent les canons et les blindés qui protègent le palais présidentiel, au Plateau. À la nuit tombée, les quatre Gazelle de Licorne, appuyées par un Puma, prennent le relais. Objectif: le quartier de la résidence, à Cocody. Frappes précises et continues. À 22 heures, un orage éclate dans le ciel d’Abidjan. Le bombardement cesse pendant une heure. Puis il reprend, méthodique, jusqu’à 4 heures du matin. À cet instant, l’état-major français croit que le terrain est « nettoyé », et le fait savoir à Guillaume Soro.
Mais la détermination du camp Gbagbo est plus forte que ne l’imaginent les Français. Ce dimanche soir, en plein bombardement, le général Dogbo Blé a fait venir à la présidence six cents jeunes miliciens – certains ont à peine 15 ans – qu’il a recrutés dans le quartier Blockoss. Laurent Gbagbo ne lâche rien. Et malgré la pluie de roquettes françaises qui s’est abattue sur Cocody, il garde encore du « lourd » dans l’enceinte de sa résidence, avec l’appui de deux cents hommes. À 8 heures, ce lundi 11 avril, Guillaume Soro lance ses Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à l’assaut de ce dernier carré, mais cinq pick-up sur sept sont détruits par un canon de 20 mm servi par de bons artilleurs. Les FRCI se replient. Rien n’est encore joué.
« Il faut en finir », lâche l’état-major à Paris. « Il y a un moment où, mandat ou pas, il faut que les choses s’arrêtent », lance un proche de Nicolas Sarkozy. Les hélicoptères de Licorne décollent à nouveau. Cette fois, ils ne ciblent plus seulement les blindés autour de la résidence. Ils frappent à l’intérieur de l’enceinte, et tirent sur les canons bitubes placés dans les ouvertures du bâtiment lui-même. « C’était une véritable poudrière, raconte son plus proche voisin, Jean-Marc Simon, l’ambassadeur de France. Le mur qui sépare la résidence de Gbagbo de la mienne s’est effondré sur quinze mètres. Sans doute à cause de l’effet de souffle d’une explosion. »
Estocade
Au même moment, une trentaine de blindés français – notamment les redoutables Sagaie, équipés d’un canon de 90 mm – sortent du camp militaire de Port-Bouët, franchissent le pont Houphouët, sur la lagune, et se déploient sur le boulevard de France, à Cocody, à quelques centaines de mètres de la résidence. Objectif
: isoler l’ex-président dans la partie sud de Cocody, empêcher l’arrivée de renforts pro-Gbagbo venus du Nord, et – qui sait? – porter l’estocade. Comment ont été ouvertes les brèches dans le mur d’enceinte de la résidence? Sans doute avec les projectiles des hélicoptères ou des chars français. Qui a enfoncé le portail d’entrée? « Disons que nous sommes allés aux limites de l’enceinte », répond pudiquement un décideur français.
« Ne me tuez pas »
En fin de matinée, les derniers soldats pro-Gbagbo se débandent. Les FRCI s’avancent à nouveau vers la résidence. Plusieurs « comzones » (commandants de zone) sont là
: les commandants Zakaria Koné, Vetcho, Morou Ouattara et Wattao. Deux cents à trois cents hommes sont avec eux. Ils entrent prudemment dans le jardin de la résidence. À 12h45, Laurent Gbagbo décide de se rendre. Son secrétaire général, Désiré Tagro, téléphone à l’ambassadeur de France. « Prenez un drapeau blanc et sortez du bâtiment », lui conseille Jean-Marc Simon. « Quand il m’a parlé, il y avait un énorme brouhaha autour de lui, comme si des gens se disputaient », témoigne-t-il. Dix minutes plus tard, Tagro rappelle Simon: « Je suis sorti, mais on m’a tiré dessus. – Restez en ligne, j’appelle Soro. » Aussitôt, Simon contacte Soro, qui donne dix minutes à Gbagbo et à ses fidèles pour sortir du bâtiment. Dans le même temps, Soro ordonne à Zakaria Koné – qui était en « liaison portable ouvert » avec lui – de faire cesser les tirs pendant dix minutes.
Comment est mort Désiré Tagro
? « Il a eu la malchance de tomber sur des éléments qui l’ont un peu roué de coups », a dit le commandant Wattao sur RFI. Les circonstances de son décès restent mystérieuses. À 13h08, les commandants Vetcho et Morou Ouattara descendent dans le sous-sol de la résidence avec leurs hommes. Selon leur témoignage, Laurent Gbagbo lance: « Ne me tuez pas, ne me tuez pas. » Très vite, il reconnaît les deux comzones et paraît rassuré. C’est fini. Tout le monde se rend. Comme la France et Alassane Ouattara l’avaient demandé avec insistance, Gbagbo est sain et sauf. Sonné par les dernières heures de combat, épuisé, affamé comme les cent quatre autres occupants de la résidence – ils n’avaient plus rien à manger… Mais sain et sauf.
Quelques minutes plus tard, l’ancien maître de la Côte d’Ivoire est affublé d’un gilet pare-balles et d’un casque, puis emmené sans encombre jusqu’au Golf Hôtel. Son épouse a moins de chance. À son arrivée dans le hall, elle est reconnue, insultée, agressée. Tresses arrachées, vêtements déchirés. Michel, le fils aîné de Laurent, échappe de peu au lynchage. Chambre 468, Simone Gbagbo apparaît prostrée, yeux fermés. Son mari s’éponge le visage, les aisselles, change de chemise et parle à ses geôliers. Il semble ailleurs, incrédule devant sa propre chute.

Epuration ethnique anti Wê à Duékoué, le témoignage d’un humanitaire de la région

Ce témoignage est celui d’un habitant de Duékoué exerçant dans l’humanitaire, qui pour des raisons évidentes, préfère garder l’anonymat. Mais qui s’engage sur l’honneur et se dit prêt à témoigner devant n’importe quelle juridiction à l’avenir. Une liste des morts et des disparus de Duékoué est déjà en train d’être constituée pour ce qui apparaît comme le massacre de plus forte ampleur dans l’histoire de la guerre en Côte d’Ivoire.

La prise de Duékoué par les FRCI (ainsi se sont baptisées les troupes de Ouattara) a eu lieu le lundi 28 mars 2011. Les journaux qui leur sont proches confirment bien cette date, dans leurs parutions de lundi et mardi. De même que l’intervention d’Alain Lobognon, porte parole de Soro. Une depêche de l’AFP est disponible à ce sujet.
Après la prise de la ville, les FDS ont replié sur Guiglo, laissant les populations aux mains des rebelles. A Guitrozon et Petit-Duékoué, toutes les populations se sont refugiées en brousse, fuyant d’éventuelles exactions. Il en est de même des populations des villages WE de DAHOUA, BAHE, PINHOU et GLAOU.
Jusqu’à mercredi, la ville de Guiglo, coincée entre Blolequin (occupée par les FRCI) et Duékoué (occupée aussi), et sans défense aucune (les FDS ont décroché vers le SUD en passant par TAÏ) n’était pas prise par les FRCI, à la grande surprise des populations. On le comprendra dans ce qui suit.
Les FRCI tenaient à massacrer les populations du quartier CARREFOUR, soupçonné d’abriter un groupe d’autodéfense. Les tueries ont eu lieu dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, dans le quartier « Diaye Bernard » communément connu sous le nom de « CARREFOUR ». En regardant une carte GOOGLE EARTH, on peut localiser ce quartier qui a accueilli près de 9 000 réfugiés, suite aux conflits de janvier 2011 à DUEKOUE.
Il est situé à l’entrée de la ville de DUEKOUE, le long de l’axe ISSIA-DUEKOUE-MAN. Il est limité à l’EST (axe Duékoué-Issia) par une zone marécageuse qui donne sur la scierie NSD-THANRY et le camp de l’ONUCI. A l’OUEST, le quartier est bordé par les marécages du GUEMON. Ce sont ces marécages qui isolent ce quartier du centre ville. Le NORD du quartier est traversé par la route non bitumée Duékoué-Bagohouo-Kouibly. Le Nord est donc en zone rebelle, puisque le poste FDS est implanté dans le quartier. Le sud du quartier est la voie bitumée ISSIA-DUEKOUE-MAN.
Une fois la ville conquise le lundi 28 mars, les pillages ont commencé dans la nuit du lundi et se sont poursuivis toute la journée du mardi 29. Les populations étaient toutes terrées chez elles, les rebelles tirant pour couvrir leurs forfaits. Ainsi ont été pillés les hôtels Ermitage, Matchaix et Monhessea. L’hôtel en construction du politicien Séa Honoré, pourtant proche de Ouattara, a été pillé à partir du jeudi. Il en fut de même pour tous les domiciles des FDS (qui ont quitté la ville) et de tous les cadres proches de Gbagbo. Au cours des combats, des véhicules appartenant au riche commerçant DEMBA, d’origine malienne ont été brûlés. Au moins 7 gros camions, communément appélés remorques et servant au transport de cacao. Dans des circonstances non encore élucidés, l’imam Konaté, connu pour ses efforts de paix et de rassemblement et proche des cadres LMP de la région et du ministre Issa Coulibaly Malick, ex-DNC de Gbagbo, a été tué à son domicile.
Dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, les rebelles ont bouclé le carré du quartier CARREFOUR. Il a suffit pour cela de se positionner tout le long de l’axe DUEKOUE-ISSIA (Au Sud) et d’occuper de la même façon le Nord du Quartier. les zones EST et Ouest étant marécageuses, donc peu propices à la fuite, quelques rebelles suffisaient à empêcher toute sortie du quartier. Le reste de la troupe pouvait donc investir le quartier et se livrer à l’exécution de tout mâle ne parlant pas malinké. Les We, autochones de DUEKOUE ont donc été systématiquement massacrés, au seul motif de leur appartenance ethnique. Le CICR parle de 867 morts. Mais les disparus, les tués en brousse portent ce nombre à au moins 1200 personnes. L’objectif est de modifier le rapport démographique et électoral en faveur du RDR, dans cette région stratégique et riche, mais où les conflits fonciers sont un grand souci pour les autorités politiques.
Il convient de signaler que, devant l’ampleur des massacres et l’émoi créé, l’ONUCI s’est vue obligée de désarmer le samedi 2 avril 2011, à 15H, les rebelles postés au corridor de Guitrozon. « Pourquoi, tuez-vous tant de personnes? » s’est exclamé l’oficier marocain de l’ONUCI. A Petit-Duekoué, le même samedi vers 14H, deux rebelles qui avaient abattu sommairement des villageois ont été abattus, après sommation, par l’ONUCI.
Source http://kouamouo.ivoire-blog.com/

La crise ivoirienne inquiète le Fmi de Joseph Atoumgbré,www.gbagbo.ci | samedi 19 mars 2011

La crise politique en Côte d’Ivoire fait peser des risques graves sur la reprise économique en cours dans les pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao), a indiqué jeudi, un rapport du Fonds monétaire international (Fmi). « La crise politique qui n’en finit pas en Côte d’Ivoire fait peser des risques graves » sur la croissance économique des pays riverains, indique le Fmi dans un document rendant compte d’une réunion organisée lundi par son Conseil d’administration au sujet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao). Les administrateurs du Fonds, représentants de ses Etats membres, « ont exprimé la profonde inquiétude » que leur inspire la situation en Côte d’Ivoire « alors qu’une reprise économique est en cours » à l’échelle de la région. Selon eux, le risque d’affaiblissement de la reprise se transmettrait en particulier par les canaux des échanges et transports, envois de fonds et migrations, ainsi que liens financiers. Car, depuis le début de cette crise, il y a plus d’une décennie, les pays limitrophes de la Côte d’Ivoire et ceux de l’Uemoa ont établi d’autres itinéraires de transport. Ils craignent « que les conséquences de la crise » ivoirienne « soient graves pour la région si celle-ci persiste », ajoute le document publié à Washington, siège du Fmi. Le document du Fonds mentionne aussi que la montée des prix du pétrole et de l’alimentation induit un risque de « pressions inflationnistes aux effets néfastes sur la pauvreté ». « Dans ces circonstances, les administrateurs ont souligné à quel point il est important de se concentrer encore plus sur la mise au point de plans de prévention et la gestion de crise afin de limiter les conséquences de la crise ». Ils ont également « souligné le besoin de surveiller de près la situation économique et financière des pays membres de la Cedeao et de dégager des marges budgétaires pour des dépenses d’urgence en réformant le code des impôts et l’administration et en contrôlant les dépenses récurrentes. Aux yeux du Conseil d’administration, « tout transfert de revenus ou subside » destiné à amortir les effets de l’inflation devra « être ajusté avec soin pour protéger les plus vulnérables ». « La stabilité politique de la région est une condition préalable à la poursuite de la reprise économique », note le Fonds. Selon lui, si la Côte d’Ivoire sort de sa crise politique rapidement et de manière pacifique, la région pourrait continuer de faire l’expérience d’une reprise économique avec une croissance du Produit intérieur brut (Pib). L’année dernière, cette croissance était à 4% et 3% une année auparavant. Néanmoins, ajoute le communiqué, même dans ce cas-là, la croissance régionale restera inférieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Cette croissance pourrait selon les experts du Fonds être proche de 4,5% en 2011 et supérieure à 5% à moyen terme si elle applique seulement des bonnes mesures. Qui sont d’une part, le maintien de la stabilité macroéconomique, par la création d’une marge de manœuvre budgétaire pour les dépenses prioritaires par l’augmentation des recettes fiscales et de l’amélioration de la qualité de la dépense. D’autre part, conseille le Fonds monétaire international, ces pays doivent approfondir les marchés financiers, améliorer la coordination des politiques nationales, notamment en améliorant la gestion des finances publiques par l’application en temps opportun des directives pertinentes. Dernier élément que conseille le Fonds aux pays de la sous région, c’est l’accélération de la mise en œuvre des grandes reformes structurelles pour améliorer le climat économique, la gouvernance, et le fonctionnement du secteur de l’énergie. La Côte d’Ivoire, il faut le rappeler est leader de la sous-région avec 40% du Produit intérieur brut (Pib). Malheureusement, elle a été contrainte de sortir depuis décembre dernier pour taper du poing sur la table lors du sommet des chefs d’Etat membres de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa) contre la « guerre » que lui mènent certains Etats membres. Aussi, pour asphyxier financièrement, le Président de la République, Laurent Gbagbo, Dakar a coupé le « pont » avec Abidjan. La direction nationale de cette banque à Abidjan a été nationalisée pour permettre aux banques locales de mener leurs différentes opérations.

 

Aereva, société française d’Uranium finance la guerre en Côte d’Ivoire

La crise post-électorale en Côte d’Ivoire s’est muée aujourd’hui, en véritable guerre avec des ramifications inimaginables de la Françafrique. Les actes posés aujourd’hui, par la France ont été si sérieusement préparées que nous sommes en mesure d’affirmer que la quasi-totalité de ce que ce pays compte est partie prenante dans cette guerre. Mieux, elle a été soigneusement préparée par des militaires émérites pour éviter tout échec.
Ainsi, le Général d’Armée Chris Quesnot ancien Chef d’état-major de feu le président socialiste François Mitterrand est actuellement le propriétaire de la société assumant la sécurité du groupe Aereva au Niger. Cette société française d’Uranium a pris la relève de Elf dans le jeu malsain de la Françafrique.
Il a été chargé de recruter les sous-officiers et officiers subalternes comme instructeurs des formateurs pour l’attaque de la Cedeao en Côte d’Ivoire.
Et cet officier général de haut mérite est devenu un pion de la Françafrique à qui a été confié militairement le recrutement des mercenaires français et africains pour déstabiliser la Côte d’Ivoire.
Il est à l’œuvre. Nous comprenons pourquoi les attaques à Abobo et à l’Ouest de la Côte d’Ivoire sont menées de main de maître par les officiers, sous-officiers nigérians, nigériens, maliens et burkinabé, ces chiens de guerre très réputés pour leur cruauté.
La France et l’Afrique des comptoirs n’ont donc pas lésiné sur les moyens pour soumettre la récalcitrante Côte d’Ivoire en tentant de déliter l’Etat ivoirien.
On comprend donc à la lueur de ce qui précède, toutes les gesticulations fébriles de Sarkozy. Souvenons-nous de ses visites inopinées au Niger quand la société Aereva était entrée en conflit ouvert avec le président Tandja. Ne trouvant pas de compromis satisfaisant sur le prix d’achat de l’Uranium, la France encouragea l’Armée à le renverser.
La guerre de Côte d’Ivoire, encore une odeur d’Uranium.

Djiwa Godji in Le Temps

 

Nouakchott : Fin du rapport des experts sur la crise ivoirienne

La Mauritanie a annoncé samedi 19 février au soir la fin du rapport préparé par le comité d’experts, rapport qui sera discuté demain, lors d’une réunion tenue à Nouakchott, et qui voit la participation de cinq chefs d’Etats africains, sous la présidence de Mohamed Ould Abdel Aziz.

Selon l’ambassadeur Babbah Ould Sidi Abdallah, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse samedi à Nouakchott, le rapport, auquel les experts ont mis la dernière main aujourd’hui, comporte les conclusions consécutives à des rencontres avec les différentes parties ivoiriennes, et l’ensemble des acteurs concernées par les opérations électorales dans ce pays.

Le rapport contient également une série de propositions pour régler la crise suivant les vues du groupe d’experts présidé par Ramtane Lamamra, Commissaire à la paix et à la sécurité à l’Union africaine, et comprenant des diplomates des 5 pays du ‘’panel africain’’, Afrique du Sud, Burkina Faso, Mauritanie, Tanzanie, Tchad, constitué le 28 janvier dernier par l’union africaine, et présidé par la Mauritanie.

Selon Sidi Abdallah, les cinq chefs d’Etats qui se retrouvent demain à Nouakchott, vont discuter ce document de travail préparé par le groupe d’experts, en vue de prendre des décisions, et à partir de là s’envoler pour Abidjan, afin de rencontrer les parties ivoiriennes.

L’Union africaine avait donné au groupe des 5 la mission de tout faire en vue du règlement de la crise en Côte d’Ivoire née à l’issue des élections du 28 novembre dernier, entre le gagnant reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, et le sortant Laurent Gbagbo proclamé vainqueur uniquement par le Conseil constitutionnel ivoirien.

In cridem.org/Traduction A. B. Hamoud

 

 

Me Joseph Koffigoh (UA) dit ses vérités sur la crise post-électorale ivoirienne

Lavoici.news : mardi 8 février 2011
Me Joseph Koffigoh (UA) dit ses vérités sur la crise post-électorale ivoirienne
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Alors que s’amorcent les missions de bons offices confiées par l’Ua à un panel de cinq présidents africains, Me Joseph Kokou Koffigoh (chef de la Mission d’observation de l’Ua au cours de la présidentielle ivoirienne) nous livre en exclusivité sa lecture de l’évolution de l’actualité en Côte d’Ivoire. Me Koffigoh fut Premier ministre au Togo.


AfriSCOOP : L’Ua a mis en place un panel de 5 présidents pour plancher sur la crise ivoirienne, avec à terme des « propositions contraignantes » pour les camps Ado et Gbagbo. En quoi l’action de ce panel ne sera pas un bis repetita ?

Koffigoh : La décision de l’Union Africaine de mandater cinq (5) présidents au chevet de la Côte d’Ivoire est bonne, à condition que les chefs d’Etat se rendent à Abidjan sans parti pris, c’est-à-dire avec le souci de proposer des solutions acceptables pour les protagonistes. Je ne comprends pas trop le terme « propositions contraignantes » dans un tel cas de figure. La contrainte aurait dû jouer depuis huit ans pour faire plier la rébellion, au lieu de la complaisance dont on a fait preuve en déroulant le tapis rouge à ceux qui ont pris les armes contre leur propre pays, au mépris des résolutions, pactes et protocoles de l’Union Africaine et de la CEDEAO.

L’Ua ne se contredit-elle pas en mettant sur pied ce panel tout en « reconnaissant la victoire d’Ado » lors du second tour de la présidentielle du 28 novembre 2010 ?

La contradiction est flagrante. L’Union Africaine, par ce biais, a dressé un obstacle sur son propre chemin pour la résolution de la crise en établissant, comme une évidence, « la victoire » d’Alassane Dramane Ouattara. La démarche la plus sage eût été d’évaluer la crise post électorale aussi bien au regard des faits allégués par les deux parties, qu’à la lumière du droit constitutionnel ivoirien. L’Union Africaine se comporte comme un juge qui aurait déjà rendu son verdict avant le procès. Et là, il y a problème.

Vous avez été chef de la Mission d’observation de l’Ua en Côte d’Ivoire, dans le cadre de cette présidentielle. Sur cette base, quelle proposition de sortie durable de crise mettrez-vous sur la table ?

La déclaration des observateurs de l’Union Africaine a été adoptée à l’unanimité des délégués. Elle recommande que les contestations éventuelles des résultats soient soumises aux instances prévues à cet effet. En l’occurrence, c’est le Conseil Constitutionnel qui est chargé du contentieux électoral en dernier ressort. Laurent Gbagbo s’est adressé au Conseil de même qu’Alassane Dramane Ouattara. Ce dernier a saisi le Conseil pour la validation du serment qu’il a prêté par écrit, le Conseil l’a déclaré irrecevable : voilà pour le droit. Mais comme il y a problème, il faut simultanément agir sur tous les protagonistes pour trouver un accord et sortir le pays de l’impasse. Jusqu’à présent, les pressions ont été unilatérales et faites en violation de la souveraineté de la Côte d’Ivoire. M. Gbagbo a proposé une évaluation du processus. Je ne crois pas que cela soit si difficile à admettre ou à faire .

Sur « Radio Nana Fm » (une station togolaise), vous avez laissé entendre que le Conseil constitutionnel aurait pu aider à solutionner le différend électoral ivoirien, s’il avait ordonné la reprise du vote dans les zones géographiques sujettes à de vives contestations…

En effet, c’était une option, mais le Conseil (constitutionnel) a décidé autrement. On ne peut pas exclure l’hypothèse que la haute juridiction ivoirienne ait été outrée par la précipitation du représentant de l’ONU qui a rejeté par avance le pouvoir du Conseil, en violation de la souveraineté de la Côte d’Ivoire. Ne trouvez-vous pas bizarre qu’on aille jusqu’à sanctionner de l’extérieur un haut magistrat africain qui a rendu un jugement en son âme et conscience ?

Beaucoup de vos compatriotes gardent, dans le cadre de cette présidentielle ivoirienne, l’image de votre présence à la prestation de serment de Laurent Gbagbo. M. le Premier ministre, en pleine polémique, était-ce la position la plus sage à adopter, même si votre Mission d’observation était finie ?

La Mission d’observation était terminée. Le contentieux électoral vidé, et la Constitution ivoirienne ne prévoit qu’un bref délai pour la prestation de serment. J’étais invité à la cérémonie. Je ne pouvais pas cautionner ceux qui ont fait le choix de déstabiliser la Côte d’Ivoire en remettant en cause une décision souveraine prise par le Conseil constitutionnel d’un Etat indépendant.

Est-ce le Koffigoh panafricain et nationaliste qui a assisté à la prestation de serment sus-citée ou le Koffigoh ami de la famille Gbagbo ?

Les deux.

Lorsqu’on parcourt attentivement divers rapports produites par diverses Missions autour de cette présidentielle, on se rend compte que les deux camps ont été coupables d’irrégularités. N’est-il pas possible de réorganiser un nouveau second tour, en dépit du « non » catégorique de l’Ue à cette perspective ?

Pourquoi pas ? Seulement, cette perspective n’est envisageable que si le désarmement de la rébellion et la réunification du pays deviennent effectifs. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, si on réorganise les élections dans les mêmes conditions de pagaille dans les zones sous contrôle des rebelles, on aura les mêmes résultats contestés. C’est dire qu’il y a encore du chemin à faire. Mais, on peut et on doit commencer s’il y a de la bonne volonté de part et d’autre.

Pourquoi le recomptage des voix proposé par certains observateurs de cette crise ne reçoit pas l’approbation des deux parties ?

En fait, le simple recomptage ne résout pas le problème. Prenons par exemple une région entière ou un candidat n’a eu que « zéro voix » et où donc le bourrage d’urnes est avéré. Va-t-on attribuer les « bons résultats » au bénéficiaire de cette forfaiture ? Si l’on considère le problème de la Côte d’Ivoire du point de vue strictement électoral, le panel de chefs d’Etat n’aura finalement qu’à se pencher sur le contentieux dans les zones où les élections ont été frauduleuses et refaire le travail déjà fait par le Conseil constitutionnel. A ma connaissance, les partisans de Gbagbo ne s’opposent pas au recomptage. Mais la crise va au-delà de la simple question électorale. On oublie qu’il y a une armée loyaliste qui a eu à affronter la rébellion.

Le Fpi rappelle souvent qu’il n’a exercé que 02 ans sur son premier quinquennat, avant le putsch manqué de 2002. Au regard du très bon score réalisé par M. Gbagbo lors du premier tour de cette présidentielle, son éventuel retrait du pouvoir ne préparerait-il pas la voie à son retour démocratique et triomphal dans les urnes en 2015 ?

Un président de la République doit quitter le pouvoir s’il est régulièrement battu aux élections ; L. Gbagbo l’aurait fait s’il avait été régulièrement battu. Ce qui n’est pas le cas. La même question peut être posée à son adversaire. Puisque celui-ci reconnaît la légitimité du Conseil Constitutionnel, au point de lui adresser son « serment » pour validation. Ne devrait-il pas s’incliner devant la décision confirmative dudit Conseil, quant à la victoire de son adversaire ?

Chaque fois qu’on évoque cette perspective (du retrait du Fpi), les pros Gbagbo répondent qu’ils ne font pas confiance à leurs adversaires politiques. Qu’est-ce qui peut donc encore réunir les Ivoiriens, quand on se rend compte que la crainte envers l’étranger ressurgit dans ce grand pays composé de diverses nationalités ouest-africaines ?

La question des étrangers existe dans de nombreux pays, y compris la France. La Côte d’Ivoire n’est pas un cas isolé : sous le régime du parti unique, la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët-Boigny a réussi à recouvrir de vernis tous ces problèmes. Dès l’annonce de sa mort, le vernis a éclaté ; d’où le concept de l’ivoirité introduit par le Président Bédié pour écarter Alassane Dramane Ouattara, son allié d’aujourd’hui. La question maintenant réglée sur papier, il reste à la régler dans les cœurs. C’est pour cela qu’il faut de la patience pour que l’intégration se fasse complètement.

Thabo Mbeki, premier médiateur de l’Ua dans la crise ivoirienne, recommande dans son rapport définitif, qu’on « persuade Ado et Gbagbo » d’accepter la voie du dialogue. Ado et Gbagbo sont-ils radicalement opposés pour de bon ou c’est plutôt leurs entourages respectifs qui ne veulent pas de la paix en Côte d’Ivoire ?

Ce que vous dites a fait l’objet d’une discussion entre Thabo Mbéki et moi-même, lors de son passage à Abidjan, au lendemain de la prestation de serment de Laurent Gbagbo. Le Président Mbeki m’a dit que M. Gbagbo était prêt à discuter, mais qu’Alassane Ouattara était intransigeant, parce qu’il était soutenu par la communauté internationale. Voilà le problème. Si la pression était exercée sur les deux parties, au lieu de la situation qu’on connaît, le dialogue pourrait s’instaurer et aboutir à une sortie de crise. Je ne pense donc pas qu’il y ait une question d’entourage. C’est la communauté internationale qui a aggravé la crise.

Un certain nombre d’Africains soutiennent vaille que vaille L. Gbagbo, à cause de la fronde qu’il oppose à l’Occident en ce moment. L’eau, le téléphone, l’électricité, le Port d’Abidjan sont des secteurs qui demeurent dans les mains de multinationales françaises en Côte d’Ivoire. Le nationalisme de M. Gbagbo n’est-il donc qu’un vain mot ?

Etre nationaliste ne veut pas dire se couper du reste du monde. Les Ivoiriens sont prêts à coopérer avec tout le monde, mais connaissant bien L. Gbagbo, je peux dire qu’il ne demande qu’une chose : c’est qu’on respecte l’Africain comme étant un être majeur capable de décider de son destin.

Propos recueillis à Lomé par Edem Gadegbeku, © AfriSCOOP

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