LA DÉSINFORMATION SUR LA CRISE EN CÔTE D’IVOIRE : La tyrannie et ses mensonges

« L’erreur ne devient pas vérité parce qu’elle se propage et se multiplie ; la vérité ne devient pas erreur parce que nul ne la voit. » — Gandhi

Le calvaire que le grand capital assoiffé de pétrole et de profits fait vivre au peuple ivoirien est une immense injustice qui est d’autant plus intolérable qu’elle se produit dans l’indifférence d’une grande partie de mes compatriotes québécois. Depuis bientôt cinq mois, malgré toute ma bonne volonté et mes efforts personnels pour sensibiliser en particulier la classe politique et les médias, j’observe impuissant les Ivoiriens, admirables résistants, se battre seuls contre l’argent des maitres du monde et les fusils de leurs valets. Je pleure et je me réveille la nuit en les entendant gémir, appeler à l’aide.

Une multitude de blogues, de pages Facebook, de canaux Twitter et de sites Web ivoiriens et africains sont parcourus de cris d’indignation et de hurlements de douleur qu’efface sans peine le vacarme assourdissant de la machine de guerre occidentale. À peine audibles, les lamentations des victimes de Duékoué, de Gagnoa, de San Pedro, d’Abidjan et du reste de la Côte d’Ivoire se perdent dans les abysses cybernétiques, tandis que les vampires qui boivent goulument le sang des Africains perpètrent tranquillement leurs crimes sous un déluge de média-mensonges. Avez-vous remarqué le silence de Radio-Canada depuis que l’affaire est prétendument réglée ? Avez-vous remarqué comme cette bande de journalistes à gages se tient coite depuis l’enlèvement de Laurent Gbagbo par les Français, qui l’ont remis à de sombres brutes pour qu’il soit humilié et séquestré avec sa femme, Simone ?

Pourtant, les rebelles poursuivent leurs massacres, jouissent de l’impunité et se tuent même entre eux, ce qui est très embarrassant pour Radio-Canada, qui nous présentait Alassane Ouattara comme le grand démocrate désigné comme vainqueur par la « communauté internationale ». Les élections fédérales tombant à point nommé, Radio-Canada a donc changé de sujet. Elle se désintéresse du conflit au moment où il vient de faire des milliers de morts. Quel contraste avec ce qui s’est passé entre décembre et mars ! Radio-Canada nous avait alors habitués aux quelques centaines de morts des statistiques plus ou moins fictives de l’ONU pour accabler Laurent Gbabo de tous les maux.

Le chaos et la terreur engendrés par l’ONU et la France, qui disaient vouloir protéger les civils, règnent partout sur le territoire ivoirien. Il y aurait deux-millions de déplacés. Les gens se terrent dans les plantations ou dans leur maison, en ville. Ils manquent de nourriture. Les voyous drogués et sans âme recrutés par Ouattara tuent, pillent, violent et saccagent. Les cadavres jonchent les rues. L’ONUCI, force des Nations Unies en Côte d’Ivoire, tire avec ses canons sur les civils de la vaste commune de Yopougon, en plein coeur d’Abidjan. Les jeunes hommes sans arme sont systématiquement « arrêtés », sous prétexte que ce sont des miliciens. S’ils résistent, ils sont tués. Les casques bleus restent sagement dans leur caserne, à Duékoué, pendant qu’à trois kilomètres de leur camp, des dozos sanguinaires massacrent plus de huit-cents civils innocents en deux jours, dans les cris d’horreur. Mais, soudainement, Radio-Canada a des choses plus importantes à nous dire que de nous parler de la tragédie provoquée par la soi-disant « communauté internationale », tout comme Radio-Canada occulte constamment le rôle machiavélique de la soi-disant « communauté internationale » dans le drame haïtien.

Je veux aujourd’hui que mes compatriotes québécois prennent conscience d’un scandale abominable et de la nature diabolique de ceux qui en sont la cause. Pétrole de l’ile d’Anticosti ou pétrole du golfe de Guinée, gaz de schiste de la vallée du Saint-Laurent ou cacao ivoirien : même avidité et même mépris pour l’humanité. Je n’aurai de repos que lorsque les Québécois descendront dans la rue avec l’Afrique et les autres peuples meurtris pour réclamer la justice. Je n’aurai de repos que lorsque chaque peuple s’apercevra qu’il n’est pas seul et cessera de croire ce que les menteurs au service de la ploutocratie racontent à propos des autres peuples. Ivoiriens, Haïtiens, Serbes, Congolais, Afghans, Irakiens, Palestiens, Cubains, Français, Étasuniens et Québécois doivent cesser de se voir les uns les autres à travers le filtre des grands médias et doivent se parler directement. Quand la maison du voisin brule, on peut bien faire semblant que le problème ne nous concerne pas, mais un jour viendra peut-être où ce sera la nôtre qui sera en feu. Il n’y a d’avenir pour l’humanité que dans la solidarité.

De la naïveté à la complicité

Si la désinformation est responsable de l’apathie du citoyen lambda, comment se fait-il tout de même que les plus politisés d’entre nous se laissent endormir de la sorte ? Les fabrications mensongères qu’on essaie de nous implanter dans le cerveau sont d’une grossièreté qui saute aux yeux. Et nous nous sommes fait faire le coup des dizaines de fois avant, à chaque guerre ou opération impériale de supposé « maintien de la paix ». Comment pouvons-nous être dupes des mêmes mensonges ? Comment pouvons-nous croire que la propagande se conjugue uniquement au passé, dans les manuels d’histoire ? Comment nous, les Québécois, pouvons-nous nous imaginer qu’il n’y a de désinformation que lorsque nous en sommes les victimes ? Nous dénonçons le Quebec bashing ou la dissimulation des reculs du français, mais en même temps, nous croyons sans discernement ce que les médias nous racontent au sujet des guerres impériales.

À entendre parler beaucoup de gens supposément intelligents, Obama, Sarkozy, Harper et leurs pions menteurs onusiens, qui tiennent la « communauté internationale » en laisse, éprouveraient soudainement une grande passion pour la démocratie en Afrique. Du Gabon à la Tunisie en passant par le Rwanda, ils entretiennent depuis belle lurette des relations tout à fait cordiales avec des dictateurs qui tantôt « s’accrochent au pouvoir » depuis des décennies, tantôt commettent des massacres à grande échelle. On sait bien pourquoi de telles amitiés sont cultivées : les ressources naturelles et les profits. Pour quelle autre raison a-t-on déjà fait la guerre ? Nommez-moi un seul cas où des troupes occidentales ont défendu des principes moraux par grandeur d’âme. Un seul cas où nos soldats se sont battus pour la justice et la paix. Un seul cas où l’on n’a pas menti systématiquement au peuple qui fournit la chair à canon pour justifier la guerre. Il n’y en a aucun. Qu’à cela ne tienne, partout autour de moi, des Québécois sont disposés à croire qu’en Côte d’Ivoire, la machine à larguer des bombes s’est mutée en douce fée venue apporter la démocratie d’un coup de canon à étoiles.

Incommensurable est la souffrance humaine causée par les faux justiciers qui ont toujours un vilain à mater quelque part et qui réussissent à garder leur image de bons grâce à leur emprise totale sur les médias. Les vilains sont souvent en Afrique, mais pas seulement là. Songez aux centaines de milliers de morts et de blessés et au million de réfugiés de l’Irak : fallait casser la gueule au vilain Saddam. Songez à l’Afghanistan martyrisé depuis 2001, où la corruption et le trafic de drogue règnent. Quel progrès ! Quelle belle œuvre humanitaire ! Fallait casser la gueule à Ben Laden. Il y a toujours des gueules à casser quelque part. Surtout là où se trouvent de mauvais clients. Et ce cassage de gueules laisse dans son sillage des drames qui perdurent.

En 1999, l’OTAN largue des milliers de tonnes de bombes sur la Yougoslavie pendant 78 jours. Alors qu’on nous vante la guerre propre, avec des frappes chirurgicales, des hôpitaux et des écoles sont touchés, comme ce sera le cas en Irak, quatre ans plus tard. Mais ces drames sont occultés à Radio-Canada et ailleurs, comme toujours. Le complexe pétrochimique de la ville de Pancevo est détruit par les frappes, causant fuites toxiques et contamination. Aujourd’hui, les hôpitaux de Pancevo sont remplis de cancéreux. Les invalides sont légion. Les enfants souffrent d’asthme. Les cimetières se remplissent de gens morts à quarante ou cinquante ans.

L’OTAN disait que les bombardements avaient pour but d’éviter une catastrophe humanitaire au Kosovo. Fallait une fois de plus casser la gueule d’un vilain : Milosevic. Or, les habitants de Pancevo se demandent encore aujourd’hui quel rapport il y avait entre cet objectif et les usines de leur ville. En fait, comme toujours, la démocratie et la protection des faibles n’étaient pour rien dans l’œuvre destructrice des maitres du monde. Il s’agissait de porter au pouvoir un faux mouvement indépendantiste constitué par la pègre kosovare d’Hashim Thaçi, qui faisait dans le trafic d’organes et qui règne aujourd’hui sur la traite des blanches en Europe. Il s’agissait aussi d’établir une base de l’OTAN au Kosovo, berceau de la Serbie. Voilà pourquoi on a agressé les Serbes, on les a tués en invoquant de faux charniers et on a dépecé leur pays.

Combien de fois encore avalerons-nous toutes les couleuvres que les médias aux ordres nous apprêtent chaque jour ? Combien de tragédies provoquées par les gardiens autoproclamés de la paix devront avoir lieu pour que l’on cesse de faire comme si les Radio-Canada de ce monde n’avaient pas pour fonction de relayer des mensonges et de nous mettre des idées dans la tête ? Il y a un moment où la naïveté, la paresse intellectuelle et le je-m’en-foutisme deviennent de la complicité.

La réalité masquée par les médias occidentaux en Côte d’Ivoire

Les raisonnements tenus par les médias occidentaux, au sujet de la crise actuelle en Côte d’Ivoire, tiennent purement et simplement du délire mythomane. Les journalistes aux ordres font gober des balivernes à leur public en répétant de fallacieux mantras, en accréditant les propos des terroristes et des assassins, en véhiculant les mensonges des humanitaires à gages et en reléguant au second plan certaines vérités fondamentales.

Dès le début de la crise postélectorale, Laurent Gbagbo a demandé simplement qu’un comité international recompte les voix pour régler le contentieux, qui s’apparente à beaucoup de situations rencontrées dans d’autres pays, y compris aux États-Unis à l’élection présidentielle de 2000. Alassane Ouattara a rétorqué qu’il ne fallait pas recompter les voix, que Laurent Gbagbo devait partir et que, s’il refusait de s’en aller, il fallait l’extirper militairement de son fauteuil. Donc, celui que Sarkozy appelle un dictateur a demandé une médiation impartiale, tandis que celui qui serait le vrai démocrate, « reconnu par la communauté internationale », a répondu qu’il fallait faire la guerre civile, sachant très bien que l’extirpation ne se réaliserait qu’au prix d’un grand nombre de vies humaines et ne pourrait pas être une opération « chirurgicale ».

Les appels à la guerre de Ouattara n’ont rien d’étonnant lorsqu’on sait que lui et ses parrains français à la solde du grand capital ont entrepris de déloger Gbagbo par la force dès septembre 2002, dans une tentative de coup d’État qui a été suivie de la guerre civile sanglante dont nous venons de voir le dernier épisode tragique et dont le bilan s’élève aujourd’hui probablement à près de vingt-mille morts et des dizaines de milliers de blessés. Les rebelles qui ont attaqué la Côte d’Ivoire et commencé la guerre civile ont toujours agi pour le compte d’Alassane Ouattara et se sont comportés de manière sanguinaire, capturant des policiers chez eux, les torturant et les exécutant sur la place publique, tantôt par balle, tantôt en les transformant en torches humaines, tantôt par d’autres procédés.

Les hélicoptères de combat français qui tirent sur les civils ne sont pas une nouveauté en Côte d’Ivoire. La France est constamment intervenue, ainsi que les mercenaires onusiens, pour soutenir les rebelles, qui ne seraient pas allés bien loin sans cette aide. Déjà, en novembre 2004, les hélicoptères français faisaient des cartons sur les manifestants. Quelques jours plus tard se produisait l’abominable tragédie de l’Hôtel Ivoire, où des soldats français ouvrirent le feu sur des manifestants désarmés, en tuant des dizaines et en blessant des centaines.

À partir de la fin mars 2011, les hélicoptères de combat français et ceux de l’ONU, qui convoyaient déjà les rebelles depuis plusieurs mois, se sont mis à leur fournir un véritable appui aérien tactique. Alors que les rebelles intensifiaient leurs massacres de civils, les Français et l’ONU se sont mis à pilonner « les armes lourdes » de Laurent Gbagbo et la résidence du chef de l’État, à Abidjan. Les bombardements ont duré plusieurs jours, empêchant les Abidjanais de fermer l’oeil la nuit et faisant de nombreuses victimes civiles.

Sans ces frappes aériennes et la protection des blindés onusiens et français, jamais les rebelles, véritable bande de voyous désorganisés et disparates, ne seraient venus à bout de l’armée ivoirienne. Ils n’étaient capables que d’une chose : semer partout la terreur. Actuellement, les rebelles de Guillaume Soro et ceux d’Ibrahim Coulibaly (IB) s’entredéchirent en Côte d’Ivoire. Que fallait-il attendre de la part de pareilles hyènes ?

Le prétexte de la France et de l’ONU pour détruire les dépôts de munitions et les blindés ivoiriens ? Les armes en question auraient menacé les civils. Or, quoi qu’aient pu en dire Ouattara et ses assassins qui ne cessent de vouloir masquer leurs crimes par des mensonges éhontés, jamais les Forces de défense et de sécurité de la Côte d’Ivoire n’ont tiré sur des civils. Il a fallu que des menteurs onusiens s’en mêlent pour pallier l’absence totale de fondement aux accusation de crimes de guerre contre Laurent Gbagbo.

Le gros mensonge initial

La crise provoquée volontairement par l’ONU en Côte d’Ivoire a été déclenchée par un mensonge initial, c’est-à-dire le mensonge de la victoire électorale d’Alassane Ouattara. Ni Ouattara, ni l’ONU n’ont accepté que l’on recompte les voix, comme l’a constamment demandé Laurent Gbagbo, et ce, pour une raison évidente : un examen impartial de ce qui s’est passé lors du second tour aurait clairement mis en évidence le mensonge et aurait démontré la victoire de Laurent Gbagbo.

Compte tenu des énormes pressions exercées sur Laurent Gbagbo, l’élection a eu lieu même si les rebelles n’avaient pas désarmé comme convenu dans les accords de paix. (Après le feu d’artifice de la destruction des armes des forces ivoiriennes, en quelques jours, on voit bien maintenant que la France et l’ONU auraient eu amplement les moyens de désarmer les rebelles sur une période trois ans, si elles avaient voulu.) Le premier tour se tient le 31 octobre 2010 et le second, le 28 novembre. Laurent Gbagbo est premier le 31 octobre avec 38 % des voix, contre 32 % pour Alassane Ouattara et 25 % pour Henri Konan Bédié.

Au premier tour, Young-Jin Choi, le représentant de Ban Ki-moon en Côte d’Ivoire, attend la proclamation par le Conseil constitutionnel pour attester, au nom de l’ONU, que l’élection s’est tenue dans le respect des règles. Le second tour entrainera un imbroglio. M. Choi n’attendra pas la proclamation du Conseil constitutionnel et attestera plutôt le résultat fictif donné par le président de la Commission électorale indépendante.

Les membres de la Commission électorale indépendante (CEI) n’arrivent pas à s’entendre, car des irrégularités importantes entachent les résultats dans la zone occupée par les rebelles (zone CNO). Après trois jours, le délai de la CEI est expiré et elle doit remettre le dossier au Conseil constitutionnel, comme le prévoit le Code électoral de la Côte d’Ivoire. Mais, après l’expiration du délai, le 2 décembre, coup de théâtre, le président de la CEI, Youssouf Bakayoko, se rend au QG d’Alassane Ouattara pour y annoncer la victoire de ce dernier.

M. Bakoyoko est emmené au QG de M. Ouattara par les ambassadeurs des États-Unis et de la France. Il n’est accompagné d’aucun autre membre de la CEI. Seuls des journalistes étrangers sont présents au moment de l’annonce. Aucun journaliste ivoirien n’est sur place. Serait-il normal que le lieutenant-gouverneur du Québec arrive dans une voiture de la GRC au QG de campagne du Parti libéral du Québec, pour y annoncer le résultat des prochaines élections générales québécoises, sans égard aux prérogatives du directeur général des élections, en présence uniquement de journalistes du Globe and Mail, de l’Ottawa Citizen et du Calgary Herald ?

Sans attendre la proclamation officielle des résultats par le Conseil constitutionnel, qui est le seul habilité à le faire selon la Constitution de la Côte d’Ivoire, Young-Jin Choi atteste les résultats annoncés par Youssouf Bakayoko. Selon M. Choi, de nombreux agents de l’ONUCI avaient été déployés sur l’ensemble du territoire national pour rendre compte du déroulement du scrutin. Ils ont pu constater que l’élection s’est tenue dans de bonnes conditions et que, s’il y a eu des irrégularités, elles sont mineures et ne justifient pas une remise en question du résultat. Voilà le gros mensonge fabriqué par l’ONU qui est à l’origine de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

Le Conseil constitutionnel, la plus haute autorité judiciaire au pays, comme la Cour suprême au Canada, n’est pas du tout du même avis que M. Choi. Lui et beaucoup d’autres observateurs constatent des fraudes massives et des violences commises dans les zones sous l’emprise des rebelles toujours armés. Yao N’dré, président du Conseil constitutionnel, annonce la décision de ce dernier. Laurent Gbagbo a remporté l’élection présidentiel. Le résultat définitif est le suivant :

Laurent Gbagbo : 51,45 %

Alassane Ouattara : 48,55 %

Il est à noter, par exemple, que, dans environ 500 bureaux de vote de la zone CNO, Laurent Gbagbo obtient 0 voix, ce qui veut dire que même ses propres représentants n’auraient pas voté pour lui, alors qu’il avait obtenu beaucoup de votes dans ces bureaux, au premier tour.

Contrairement à ce qu’affirme le menteur onusien Choi, de nombreuses délégations d’observateurs constatent des fraudes massives dans la zone CNO : des vols d’urnes par des soldats rebelles, des séquestrations d’observateurs, des votes multiples, des faux bulletins sans hologramme, des bourrages d’urnes, l’empêchement de voter des partisans de Laurent Gbagbo, des agressions physiques contre eux ainsi que de nombreux préjudices matériels. L’un des observateurs de l’Union africaine, Mohamed Aref, témoigne de l’énorme manipulation. Pour lui, c’est très simple : les chiffres de Choi sont truqués.

Bien que la Constitution de la Côte d’Ivoire ne prévoie aucun recours contre les décisions du Conseil constitutionnel, les partisans d’Alassane Ouattara et leurs alliés occidentaux font valoir que le président de ce conseil a été nommé par Laurent Gbagbo. Est-ce une raison pour balayer du revers de la main la décision des juges ? Au Canada, par exemple, les juges de la Cour suprême sont nommés par le premier ministre. Le Québec a-t-il demandé aux casques bleus de bombarder Ottawa lorsque la Cour suprême du Canada a invalidé de nombreuses dispositions de la Charte de la langue française ?

Les partisans d’Alassane Ouattara et leurs alliés occidentaux font aussi valoir que, selon l’article 64 du Code électoral, le Conseil constitutionnel avait l’obligation d’ordonner la reprise du scrutin dans les 45 jours s’il constatait des irrégularités graves. Or, cet argument revient à donner plus de pouvoir à la CEI qu’au Conseil constitutionnel et à nier à ce dernier sa fonction de juge suprême en matière d’application des lois. Le Code électoral est une loi de la Côte d’Ivoire, qui doit être interprétée à la lumière de la Constitution et du reste du cadre juridique du pays.

De plus, les mêmes causes produisant les mêmes effets, la tenue d’un scrutin honnête dans les zones sous l’emprise des rebelles aurait été difficile sans désarmement. Vu les circonstances, la plus haute autorité judiciaire avait le droit de prendre la décision qu’elle estimait dans l’intérêt du pays.

La Côte d’Ivoire étant un État souverain doté d’institutions démocratiques, il ne revient pas à la communauté internationale, mais bien à la population ivoirienne de choisir elle-même son président. Au Canada, accepterait-on que la « communauté internationale » proclame le vainqueur des élections et exerce des pressions énormes pour que les Canadiens acceptent ce choix ? Les litiges électoraux sont courants dans le monde. Chaque fois, on laisse les autorités administratives et judiciaires du pays les régler. Pourquoi veut-on que ce soit différent en Côte d’Ivoire ? Parce que la population est de race noire ?

Pour ajouter l’insulte à l’injure, lorsque l’Union africaine a formé un comité d’experts pour se pencher sur le litige, ce comité n’a pas du tout examiné le fond de la question, c’est-à-dire les documents électoraux. Il s’est borné à interroger divers acteurs du dossier et s’est appuyé sur les résultats fictifs de Choi ainsi que sur une erreur d’appréciation grave. L’Union africaine étant financée à 80 % par l’Union européenne, elle est peuplée de menteurs qui sont sur la même liste de paye que les menteurs onusiens. Voici un extrait de la réplique du gouvernement Gbagbo au rapport du comité d’experts, réplique que l’on pouvait trouver dans le site de la présidence de la Côte d’Ivoire, mais qui s’est volatilisée puisque Ouattara a fait fermer le site. Heureusement, j’en avais conservé une copie :

« L’Union Africaine fonde […] sa décision sur une erreur d’appréciation grave commise par le groupe d’experts, à savoir que la requête en annulation du Candidat Laurent GBAGBO portait sur quatre (04) et non pas sept (07) départements. Selon eux, en annulant sept au lieu de quatre, le Conseil Constitutionnel est allé au-delà de ce qui lui était demandé. En vérité, le Conseil Constitutionnel était saisi pour annuler huit (08) départements : Bouaké, Katiola, Dabakala, BoundiaIi, Korogho, Ferké, Beoumi, Sakassou. Le Conseil a éliminé seulement sept (07) : Bouaké, Katiola, Dabakala, Boundiali, Korogho, Ferké, Séguéla soit moins que ce qui lui était demandé. Cette confusion grave apparaît comme une manœuvre délibérée pour discréditer la décision du Conseil Constitutionnel et arracher la décision des membres du Panel et du CPS en faveur d’Alassane Ouattara. »

Les lecteurs qui souhaitent vérifier dans les détails l’information ci-dessus peuvent consulter le site International Watch, où ils trouveront des documents officiels relatifs au second tour de l’élection présidentielle, y compris beaucoup de preuves des fraudes massives.

Les mensonges pour incriminer Gbagbo

On connaissait déjà le rôle délétère des faux pacificateurs onusiens à Haïti ou encore en République démocratique du Congo, où, à l’été 2010, par exemple, dans le village de Luvungi, ils ont laissé des bourreaux en armes violer des femmes et des enfants pendant une semaine, sans intervenir.

S’il restait encore un seul gramme de crédibilité à la « communauté internationale », elle vient de le perdre en Côte d’Ivoire, où les masques vertueux des onusiens sont tombés pour de bon. L’ONU s’est complètement déshonorée en devenant le foyer de propagation des mensonges, et les casques bleus se sont transformés au grand jour en terroristes aux côtés des rebelles, pour tuer des Ivoiriens.

Si vous cherchez partout dans les médias ou ailleurs des preuves solides des accusations portées contre Laurent Gbagbo, vous n’en trouverez nulle part. Vous entendrez des affirmations, des histoires, mais jamais de preuves concluantes semblables aux nombreuses preuves visuelles et matérielles très accablantes contre Alassane Ouattara et ses amis de l’Élysée et de l’ONU. Vous verrez par ailleurs beaucoup de mensonges construits de toutes pièces par les humanitaires à l’impartialité factice ainsi que par les chefs onusiens, puis relayés par les grands médias. Laurent Gbagbo ayant toujours été un homme de paix et de démocratie, il a fallu, pour pouvoir convaincre le public occidental que c’était un dictateur, cacher certains faits cruciaux et organiser des mises en scène.

Navi Pillay, la haute commissaire aux droits de l’homme de l’ONU, a inventé des histoires de charniers et, après avoir prétendu faussement que l’ONUCI ne pouvait pas se rendre sur place pour vérifier, elle a dû reconnaitre dans un cas que le charnier n’existait pas. Dans les autres cas, l’ONU n’a pas enquêté. Évidemment, le mal était fait, quant à la réputation de Laurent Gbagbo. L’ex-député norvégien Lars Rise a mis les points sur les « i » : la France se comporte comme au bon vieux temps des colonies, l’ONU aggrave la situation au lieu de l’améliorer et Mme Pillay raconte des sornettes.

Ban Ki-moon a inventé des livraisons d’hélicoptères biélorusses au gouvernement de la Côte d’Ivoire, qui était soumis à un embargo sur les armes tandis que les rebelles étaient bien approvisionnés en armes par la France et l’ONU. Devant les protestations de Minsk, Alain Le Roy, le chef des opérations de « maintien de la paix » de l’ONU, a dû reconnaitre que son patron Ki-moon avait menti.

Comme preuve de la « campagne de violence organisée » des forces de sécurité et des milices soutenant Laurent Gbagbo, les humanitaires à gages de Human Rights Watch ont présenté l’image de partisans d’Alassane Ouattara tués le 16 décembre 2010 à Abobo pour accompagner un récit largement fantaisiste, construit à partir des faux témoignages de menteurs à la solde d’Alassane Ouattara. Human Rights Watch a pris bien soin de ne pas préciser les circonstances de la prétendue manifestation du 16 décembre, qui était en fait une attaque en règle des rebelles aidés par des casques bleus, avec mitrailleuses et lance-roquettes, contre le siège de la RTI, la radio et la télévision d’État ivoiriennes. Human Rights Watch est financée par la fondation étasunienne National Endowment for Democracy, une création de Ronald Reagan pour remplacer la CIA dans les opérations de propagande.

L’une des « opérations psychologiques » les plus médiatisées de l’ONU contre Laurent Gbagbo est survenue le 3 mars 2011. Quelques partisans d’Alassane Ouattara organisèrent une mise en scène grossière où « six à huit femmes » furent prétendument massacrées par les Forces de défense et de sécurité (FDS) ivoiriennes. Alain Le Roy, le secrétaire général adjoint au Département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, affirma officiellement que les femmes avaient été abattues « par des mitrailleuses lourdes de calibre 12,7 ». La dépêche de l’AFP relayant le mensonge de M. Le Roy fut immédiatement reprise par des dizaines, voire des centaines de grands médias. Les grandes chaines européennes diffusèrent plusieurs reportages télévisuels (dont voici un exemple) qui reprenaient des extraits choisis de la vidéo amateur des comédiens pro-Ouattara.

Or, dans la vidéo amateur (mais pas dans les extraits diffusés par les médias), on voit soudainement, entre autres invraisemblances, l’une des femmes supposément massacrées revenir miraculeusement à la vie et se faire dire par le caméraman de se recoucher. Elle s’exécute aussitôt en prenant soin de replacer elle-même son bras pour cacher son visage. De plus, on entend clairement les coups de feu, au nombre de trois, qui sont simplement des tirs de sommation et sont provoqués volontairement par des jeunes hommes s’avançant vers les blindés des FDS. Il n’y a manifestement aucun tir de mitrailleuse. Voici une analyse édifiante de la mise en scène ainsi qu’un reportage de la RTI qui la dénonce, tout en soulignant que les médias occidentaux n’en sont pas à leur premier mensonge.

Radio-Canada a diffusé la nouvelle du prétendu massacre à au moins cinq reprises, y compris quatre fois après le 5 mars, date à laquelle j’ai communiqué à la journaliste Sophie Langlois des preuves indiscutables qu’il s’agissait d’une mise en scène. Une page Web présentant le massacre des sept femmes comme un fait avéré est encore en ligne dans le site de Radio-Canada.

Pire encore, Radio-Canada a essayé de couvrir le mensonge par un mensonge additionnel. Elle a dépêché la journaliste Sophie Langlois à Abidjan et lui a demandé d’interroger à la caméra l’un des complices pro-Ouattara de la mise en scène comme si c’était un moyen d’attester la véracité du massacre. Pendant son voyage, Mme Langlois s’est empressée d’interviewer de nombreuses prétendues victimes pro-Ouattara des FDS. Elle en a rapporté beaucoup de ragots, mais n’a présenté, dans ses reportages, aucune preuve concluante pour étayer les accusations contre Laurent Gbagbo. À l’inverse, pendant la semaine où elle était en Côte d’Ivoire, Mme Langlois n’a rencontré pratiquement aucune victime des tueurs de Ouattara, malgré l’aide qui lui a été fournie par moi et des Ivoiriens du Québec pour lui permettre de rencontrer de telles personnes et de constater leurs blessures sur place.

Dès le 12 mars, j’ai porté plainte auprès de l’ombudsman, Mme Julie Miville-Dechêne, contre le comportement de Radio-Canada dans la crise postélectorale ivoirienne et en particulier contre la participation de Radio-Canada à l’opération psychologique onusienne du 3 mars 2011. L’enjeu étant beaucoup trop important, il est évident que jamais Radio-Canada ne reconnaitra sa culpabilité et qu’elle fera tout pour soit nier, soit minimiser ses mensonges. Ce sera la preuve définitive qu’il n’est plus de mise de parler d’une « théorie du complot », mais bien d’un complot avéré.

Les Ivoiriens du Québec et leurs familles au Côte d’Ivoire ayant subi des préjudices incommensurables en raison de l’agression militaire et économique que leur pays a subie, ils auraient selon moi intérêt à envisager des poursuites judiciaires contre Radio-Canada. Jamais la destruction de la Côte d’Ivoire n’aurait été possible sans la campagne de désinformation massive orchestrée par les médias au service du grand capital, dont la propagande consistant à inverser complètement les rôles a certainement influencé les politiciens québécois et canadiens dans leur position relativement à la Côte d’Ivoire. Jamais les gens de bonne volonté, qu’ils soient députés ou simples citoyens, n’auraient cautionné l’appui moral, humain et financier fourni par Stephen Harper et Jean Charest au terroriste Alassane Ouattara s’ils avaient su la vérité. Et il est certain qu’en se dissociant publiquement de Sarkozy, des gens comme Amir Khadir, Gilles Duceppe et Pauline Marois auraient pu lancer un mouvement de prise de conscience. Leur intervention aurait pu être le grain de sable dans l’engrenage infernal. Mais pour cela, il aurait fallu qu’ils soient honnêtement informés, ce qui n’a manifestement pas été le cas.

Un coup d’État pour le pétrole

Alassane Ouattara a obtenu « l’extirpation » qu’il souhaitait, mais elle est loin d’avoir été « chirurgicale » et sans douleur. Son coup d’État a réussi non pas à cause des rebelles, mais bien grâce à l’armée française et aux mercenaires onusiens. La phase finale de la quête du pouvoir de M. Ouattara se solde par un déluge de bombes, d’obus et de missiles français, la neutralisation des forces de l’ordre ivoirienne, la remise en liberté de centaines de criminels dans Abidjan, des pillages incessants, des millions de déplacés, des millions de personnes enfermées chez elles, sans nourriture, pendant plusieurs jours, des milliers de morts et de blessés parmi les civils ainsi que l’anéantissement de l’administration publique.

Les bureaux des ministères ivoiriens ont été saccagés de même que la résidence du chef de l’État et l’Assemblée nationale. Les institutions politiques et judiciaires sont inopérantes. L’ancien chef de l’État a été arrêté et humilié de même que tous ses partisans. Il est détenu ainsi que sa femme depuis le 11 avril 2011, sans qu’aucune accusation précise soit portée contre eux. Les militaires et les politiciens qui n’étaient pas favorables à M. Ouattara ont le choix entre l’allégeance forcée, l’exil ou la persécution, voire la torture et l’élimination. Même lorsqu’ils ne sont pas armés, les jeunes hommes considérés comme des partisans de Laurent Gbagbo sont déshabillés, faits prisonniers, détenus dans des conditions atroces, torturés, utilisés comme boucliers humains et parfois exécutés, sous prétexte que ce sont des « miliciens ». Les terroristes illettrés de M. Ouattara réclameront bientôt des postes de dignitaires, de luxueuses demeures pour leur famille et des limousines. Ils installeront un régime des plus corrompus. Le pays risque d’être pratiquement ingouvernable sans une forte répression. Voilà la démocratie imposée par les valets français et onusiens du grand capital occidental, Nicolas Sarkozy en tête, avec la bénédiction de la « communauté internationale ».

Des civils sont capturés par les rebelles de Ouattara.

Le coup d’État sanglant de 2011 et ses séquelles très douloureuses qui ne sont pas près de s’estomper contrastent nettement avec ce qui s’était produit en 2000, lors de l’élection de Laurent Gbagbo. À l’époque, le général Robert Guéï, auteur d’un coup d’État en 1999, s’était proclamé vainqueur, en truquant les résultats. La population descendit massivement dans la rue et les travailleurs se mirent en grève, malgré la répression policière qui fit des morts. (Ouattara et ses complices attribuent régulièrement les victimes de cette répression aux partisans de Laurent Gbagbo, mais ce n’est qu’un mensonge de plus.) Le général Guéï fut obligé de constater qu’il n’avait pas du tout la faveur populaire et s’avoua vaincu.

Après l’élection du 28 novembre 2010, Alassane Ouattara lança vainement des appels à la population pour qu’elle manifeste et fasse la grève. Les Ivoiriens ne suivirent pas ce mot d’ordre. Les manifestations pro-Ouattara furent de fausses manifestations, orchestrées par des metteurs en scène, comme celle du prétendu massacre du 3 mars. Les télévisions occidentales relayèrent des images de jeunes hommes armes blanches à la main, mettant le feu à des pneus et se disant prêts à « en finir avec Laurent Gbagbo ». On vit, dans les manifestations prétendument pacifiques pro-Ouattara, des hommes en civil transporter des armes, y compris des lance-roquettes. Voici un exemple de manifestation « pacifique » pro-Ouattara.

Laurent Gbagbo, lui, n’a jamais eu recours à la violence et a toujours joui de la faveur populaire. C’est une sorte de René Lévesque ivoirien. Digne héritier de Patrice Lumumba et de Thomas Sankara, père du multipartisme et de la liberté de presse en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a suspendu l’application du principe de l’ivoirité, adopté par Henri Bédié, aujourd’hui paradoxalement allié de Ouattara. C’est grâce à Laurent Gbagbo que Ouattara a pu se présenter à l’élection présidentielle. Laurent Gbagbo n’a jamais mis ses adversaires en prison. Alassane Ouattara, lui, vient d’emprisonner Laurent Gbabo pour la deuxième fois. Il l’avait fait déjà le 18 février 1992.

Quelques jours avant que ne débute l’offensive finale de la France et de l’ONU qui sema la désolation en Côte d’Ivoire, les grands médias occidentaux se gardèrent bien de nous informer de la grande manifestation pacifique d’appui aux institutions ivoiriennes et à Laurent Gbagbo qui réunit des centaines de milliers de personnes au coeur d’Abidjan. Pendant vingt-quatre heures, les 26 et 27 mars 2011, la Place de la République fut envahie par des Ivoiriens venus demander au monde d’entendre leur appel à la paix, à la souveraineté des peuples et au respect des êtres humains. À perte de vue, toutes les artères menant à cette place étaient remplies de monde venu passer la nuit à écouter orateurs et artistes. C’était émouvant d’entendre la foule entonner l’Abidjanaise ou « David contre Goliath ». Mais personne à Radio-Canada ne nous en parla.

Quand je revois les images de ce peuple fier et admirable de résistants, je pense à tous ceux qui chantaient et dansaient pour leur pays et qui ont été assassinés par la folie meurtrière du grand capital, dans l’indifférence de mes compatriotes québécois, au milieu des histoires insignifiantes dont nous abreuvent les médias. J’en éprouve une grande tristesse. Vous me pardonnerez de manquer d’intérêt pour le vote de confiance de Pauline Marois ou la bataille électorale de Gilles Duceppe.

Combien de temps encore resterons-nous prisonniers de l’univers d’information-fiction qui balise notre démocratie imaginaire, au service de la guerre, du pillage et du mensonge ? Nous sortons parfois brutalement de notre rêve éveillé, par exemple pour un puits de gaz que des employés obéissants, sur la liste de paye des grands patrons, commencent à creuser sur nos terres. Et comme le capital finit quand même par arriver à ses objectifs en silence, au Québec, derrière les portes closes des officines du parti des exploiteurs libéraux, il n’a pas besoin de nous tuer. Pourvu que nous continuions de jouer docilement notre rôle dans le système.

Depuis la création du système de Bretton Woods, en 1944, ce sont la Banque mondiale, le FMI, Wall Street, le complexe militaro-industriel, les magnats de la finance et la Federal Reserve avec sa planche à monnaie de singe qui nous dirigent vraiment. Pas les politiciens que nous élisons et qui ne sont que des marionnettes. Les maitres du monde nous accordent le privilège de nous bercer des illusions de la démocratie tant que nous leur obéissons et que nous les laissons nous plumer, sans remettre en question leur droit héréditaire et absolu d’exploiter les pays et les peuples à leur guise. Quand ils nous disent qu’ils vont abaisser la cote de crédit de notre État de AAA à AA si nous ne laissons pas les gens mourir dans les couloirs de nos hôpitaux, notre premier ministre leur obéit. Quand les mêmes agences de notation derrière lesquelles se cachent les voleurs de Goldman Sachs nous disent d’investir nos économies dans des prêts hypothécaires à risque érigés en placements fiables portant la cote AAA, notre Caisse de dépôt et placement leur obéit et perd quarante-milliards de dollars. Peu de temps après, son directeur, un certain Henri-Paul Rousseau, trouve refuge chez Desmarais, maitre de l’information au Québec, parrain de Nicolas Sarkozy et actionnaire de référence de la quatrième pétrolière au monde, Total… qui a le pétrole de la Libye et du golfe de Guinée dans son collimateur. Tiens, tiens.

Cela crève les yeux que le massacre des Ivoiriens pour déloger Laurent Gbagbo n’a rien à voir avec la démocratie et tout à voir avec l’économie du pillage. C’est le pétrole du golfe de Guinée (35 milliards de barils de réserves connues) qui explique cette nouvelle fureur assassine déguisée en entreprise de défense de la démocratie, après l’Irak et l’Afghanistan. De la même manière, c’est le pétrole de la Libye qui explique qu’il faille y bombarder Tripoli tout en accusant Kadhafi d’être lui-même le responsable des tueries, ce qui est ridiculement insensé quand on sait que, dès les premiers jours du « soulèvement populaire », les pauvres « manifestants pacifiques » tiraient sur des commissariats de police avec des lance-roquettes.

Un État fort et des dirigeants qui ne sont pas des marionnettes du grand capital constituent le plus grand des dangers pour ceux qui ont vu leur fortune décupler avec le néolibéralisme et qui se paient tous les serviteurs qu’ils veulent. C’est pour cela que les groupes qui visent à démanteler, affaiblir ou repenser le « modèle québécois », comme le Réseau liberté Québec ou l’Institut économique de Montréal, sont si bien financés et que leurs porte-paroles occupent toutes les tribunes médiatiques. Un État fort met le capital au service du peuple, et non l’inverse, tout en privant les ultrariches des vaches à lait qu’ils achètent et rentabilisent avec des deniers publics. C’est pour cela que les valets de ces riches brandissent des tas d’épouvantails aussitôt qu’il est question de nationalisation. On nous prédisait la fin du monde lors de la nationalisation de l’électricité, dans les années 1960. Hydro-Québec fut une réussite colossale. Puis, au début des années 2000, on nous a rebattu les oreilles avec le fiasco de la Gaspésia, preuve indubitable de l’incapacité de l’État à gérer efficacement les affaires, si l’on en croit les chantres du capitalisme sauvage.

La campagne de dénigrement contre Laurent Gbagbo en vue de le renverser a commencé en 2001, dès l’adoption du premier budget de son gouvernement, qu’il avait appelé un « budget sécurisé ». Laurent Gbagbo voulait que son pays se désenclave du système de Bretton Woods et mette fin à l’endettement infini, instrument privilégié d’asservissement de l’Afrique employé par le FMI, dont Alassane Ouattara a été le directeur général adjoint. Laurent Gbagbo a commencé à devenir un « dictateur » avec ce budget, lorsqu’il essayait de donner à son peuple les outils nécessaires pour se libérer. C’est à ce moment qu’on a décidé de le remplacer par l’homme du FMI, Alassane Ouattara. Mais la résistance du peuple ivoirien a été très vive. Pour seulement donner l’illusion qu’on installe M. Ouattara au pouvoir, le président élu « par la communauté internationale » qui ne gouverne toujours rien, il a fallu presque neuf années de tentatives de coup d’État, de guerre civile, de terrorisme, d’affaiblissement de l’État ivoirien, de bombardements par la France, de trucages électoraux, de cruels embargos, notamment sur les médicaments, et d’autres pressions démesurées par les puissances occidentales, contre un petit pays d’Afrique de l’Ouest.

Desmarais et Power Corporation sont parmi ceux qui comptent sans doute profiter le plus du massacre des Ivoiriens, vu leurs intérêts dans Total. Parions que M. Desmarais n’a pas essayé de convaincre son poulain Sarkozy de retenir ses bombes. Parions aussi que ses ordres se sont bien rendus aux journalistes à gages radiocanadiens, conformément à l’entente secrète qui lie sa société de désinformation Gesca à la Société Radio-Canada. Desmarais, Sarkozy, Harper, Charest : les ennemis du peuple ivoirien sont aussi les ennemis du peuple québécois. Il est temps que l’Afrique et le Québec commencent à se parler.

Bernard DESGAGNÉ in vigile.net

Voici quelques sites, articles et vidéos à consulter, en plus des liens fournis dans le texte ci-dessus, pour entendre autre chose que le lavage de cerveau des grands médias, qui s’efforcent de nous faire croire qu’il y a unanimité à propos de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

Abidjan vérités

Analyse de Guy Labertit, ancien délégué national du Parti socialiste français pour l’Afrique

bis repetita

Blogue de Gilbert Collard

Cameroonvoice

Cameroonvoice – Silence on tue

Communiqué du Front national le 4 avril 2011

Communiqué du Front national le 11 avril 2011

Complot occidental en Côte d’Ivoire : une évidence – Yves Rocheleau, ancien député du Bloc Québécois

Cote d’Ivoire Presidential Conflict

Côte d’Ivoire Truth

Débat avec Vitrice Yekpe, Gaston Kelman et Grégory Protche, le 5 janvier 2011, à l’émission Toutes les France

Débat avec Vitrice Yekpe, Alain Toussaint et Grégory Protche, le 4 février 2011, à l’émission Toutes les France

Diaporama présenté par Bernard Desgagné à la table ronde du 18 mars 2011, à l’Université du Québec en Outaouais

DirectScoop.net

Discours du sénateur de l’Oklahoma Jim Inhofe le 4 avril 2011

Discours du sénateur de l’Oklahoma Jim Inhofe le 5 avril 2011

Discours du sénateur de l’Oklahoma Jim Inhofe le 7 avril 2011

Discours du sénateur de l’Oklahoma Jim Inhofe – French Colonialism Must End

Djibitv

Entrevue avec Calixthe Beyala

Entrevue avec Didier Julia au sujet de la position de la France

Entrevue avec Jean-François Probst, ancien bras droit de Jacques Chirac – Gbagbo plus proche de Mandela que de Mugabe – Télécharger le fichier audio de l’entrevue

Entrevue avec Laurent Gbagbo sur Canal+

Entrevue avec Laurent Gbagbo le 5 avril 2011

Entrevue avec Michel Galy sur BFMTV

Entrevue avec Michel Galy sur TF1

Entrevue avec Marcel Ceccaldi

Entrevue avec Marie-Antoinette Singleton sur CBN

Entrevue avec Marie-Antoinette Singleton sur CNN

Entrevue avec Roland Dumas et Jacques Vergès, le 11 janvier 2011, à l’émission Ce soir ou jamais – partie 1

Entrevue avec Roland Dumas et Jacques Vergès, le 11 janvier 2011, à l’émission Ce soir ou jamais – partie 2

Entrevue avec Roland Dumas et Jacques Vergès le 25 avril 2011 – partie 1

Entrevue avec Roland Dumas et Jacques Vergès le 25 avril 2011 – partie 2

Gri-Gri International

Indignez-vous

Infos Côte d’Ivoire

Ivoirebusiness

Lettre de Bernard Desgagné à Guy A. Lepage

Michel Collon parle des guerres impériales

Philippe Rémond, le Français tué à Yamoussoukro par les rebelles de Ouattara

Questions de Marine Le Pen à la Commission européenne

Résistances Côte d’Ivoire

Telediaspora

Trente conteneurs ONU remplis d’armes pour les rebelles

Year Zero In The Ivory Coast – Nigerian Village Square

Yop Capitale

Mercredi 27 Avril 2011

 

 

 

Les dernières heures de la chute de Gbagbo Publié le mercredi 27 avril 2011 | L’Inter

Isolé, encerclé, épuisé et affamé, l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo s’est montré pugnace jusqu’au bout, n’hésitant pas à ordonner le bombardement de la résidence de l’ambassadeur de France. Deux semaines après sa chute, récit d’une capture obtenue de haute lutte.
Premières images après sa capture. Laurent Gbagbo a l’air hébété. Il ne semble pas comprendre ce qui lui arrive. Et pour cause. Jusqu’au dernier moment, il a cru qu’il pourrait renverser la partie.
Jeudi 7 avril, Alassane Ouattara décrète le blocus de sa résidence. Vendredi 8 avril, sa réplique est foudroyante
: sept obus et trois roquettes s’abattent sur la résidence de l’ambassadeur de France, qui jouxte la sienne. Pas de blessés.
Samedi 9 avril, Laurent Gbagbo va plus loin. Il ordonne l’attaque du Golf Hôtel, le QG de son adversaire. Une heure de bombardements au mortier, à partir de sa propre résidence
! Une heure de panique dans le camp Ouattara. Au total, plus de peur que de mal. Mais la preuve est faite que les frappes de l’Onuci et de la force française Licorne, le 4 avril, n’ont pas suffi. Le camp Gbagbo a mis des armes lourdes à l’abri. Il reste fort.
Main dans la main
Mieux, il réussit à renforcer son dispositif de défense. À Cocody, les pilotes d’hélicoptère de l’Onuci en reconnaissance constatent avec effarement qu’une soixantaine de blindés et de pick-up sont venus des camps militaires d’Agban et d’Akouédo pour protéger la résidence. Désormais, il y a là trois fois plus de moyens qu’avant les frappes du 4 avril
! À la manœuvre, le général Dogbo Blé, le chef des Bérets rouges de la garde républicaine. En octobre 2000, c’est lui qui avait retourné une partie de l’armée contre le général Gueï.
Même région natale, mêmes combats… Dogbo Blé et Gbagbo sont main dans la main. Le militaire est à la présidence, au Plateau. Le politique à la résidence, à Cocody. Ils sont en liaison permanente. Un modèle
: Idriss Déby Itno. En février 2008, le président tchadien avait retourné in extremis la situation, à 500 m de son palais. Ce samedi 9 avril, ils y croient encore…
Le même soir, branle-bas de combat dans le camp Ouattara. L’attaque du Golf Hôtel en a sonné plus d’un. Le camp Gbagbo relève la tête. Il faut la couper tout de suite, sans quoi… Alassane Ouattara est au Golf et Guillaume Soro au « corridor de Gesco », à l’entrée nord d’Abidjan. Il campe avec ses hommes à la belle étoile ou, au mieux, dans une auberge villageoise. Soro presse Ouattara de demander à l’ONU et à la France une deuxième série de frappes sur les armes lourdes de Gbagbo. Alassane Ouattara contacte Paris et New York. A priori, pas de problème. Comme le lundi 4, l’opération peut être couverte par la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l’ONU. « La décision a été difficile à prendre, confie un diplomate français. Cette fois-ci, on avait une obligation de résultat. » Sous-entendu
: si les frappes ne réussissaient pas, le camp Gbagbo pouvait gagner la bataille. Nicolas Sarkozy hésite. Mais un argument le convainc. C’est le précédent Kaddafi. Il y a deux mois, tout le monde le croyait fini. Il tient toujours. Pas question de laisser s’enliser le conflit ivoirien, avec le risque de voir surgir des règlements de comptes ethniques.
« Bouffé du lion »
Le dimanche 10 avril en début d’après-midi, le compte à rebours est lancé. Les premières frappes auront lieu à 16
h45. Toute la nuit précédente, les hélicoptères de Licorne ont tourné au-dessus de Cocody pour identifier une à une les armes lourdes du camp Gbagbo. Le QG de l’Onuci, au nord du Plateau, est visé par des tirs. Dans son bunker, Choi Young-jin, son patron, bout d’impatience. « Les jours précédents, il était prudent. Mais, ce dimanche, il a bouffé du lion », raconte un témoin. À l’heure dite, les deux MI-24 de l’Onuci, pilotés par des Ukrainiens, entrent en action. Normal. Ils ne peuvent voler que de jour. Ils attaquent les canons et les blindés qui protègent le palais présidentiel, au Plateau. À la nuit tombée, les quatre Gazelle de Licorne, appuyées par un Puma, prennent le relais. Objectif: le quartier de la résidence, à Cocody. Frappes précises et continues. À 22 heures, un orage éclate dans le ciel d’Abidjan. Le bombardement cesse pendant une heure. Puis il reprend, méthodique, jusqu’à 4 heures du matin. À cet instant, l’état-major français croit que le terrain est « nettoyé », et le fait savoir à Guillaume Soro.
Mais la détermination du camp Gbagbo est plus forte que ne l’imaginent les Français. Ce dimanche soir, en plein bombardement, le général Dogbo Blé a fait venir à la présidence six cents jeunes miliciens – certains ont à peine 15 ans – qu’il a recrutés dans le quartier Blockoss. Laurent Gbagbo ne lâche rien. Et malgré la pluie de roquettes françaises qui s’est abattue sur Cocody, il garde encore du « lourd » dans l’enceinte de sa résidence, avec l’appui de deux cents hommes. À 8 heures, ce lundi 11 avril, Guillaume Soro lance ses Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) à l’assaut de ce dernier carré, mais cinq pick-up sur sept sont détruits par un canon de 20 mm servi par de bons artilleurs. Les FRCI se replient. Rien n’est encore joué.
« Il faut en finir », lâche l’état-major à Paris. « Il y a un moment où, mandat ou pas, il faut que les choses s’arrêtent », lance un proche de Nicolas Sarkozy. Les hélicoptères de Licorne décollent à nouveau. Cette fois, ils ne ciblent plus seulement les blindés autour de la résidence. Ils frappent à l’intérieur de l’enceinte, et tirent sur les canons bitubes placés dans les ouvertures du bâtiment lui-même. « C’était une véritable poudrière, raconte son plus proche voisin, Jean-Marc Simon, l’ambassadeur de France. Le mur qui sépare la résidence de Gbagbo de la mienne s’est effondré sur quinze mètres. Sans doute à cause de l’effet de souffle d’une explosion. »
Estocade
Au même moment, une trentaine de blindés français – notamment les redoutables Sagaie, équipés d’un canon de 90 mm – sortent du camp militaire de Port-Bouët, franchissent le pont Houphouët, sur la lagune, et se déploient sur le boulevard de France, à Cocody, à quelques centaines de mètres de la résidence. Objectif
: isoler l’ex-président dans la partie sud de Cocody, empêcher l’arrivée de renforts pro-Gbagbo venus du Nord, et – qui sait? – porter l’estocade. Comment ont été ouvertes les brèches dans le mur d’enceinte de la résidence? Sans doute avec les projectiles des hélicoptères ou des chars français. Qui a enfoncé le portail d’entrée? « Disons que nous sommes allés aux limites de l’enceinte », répond pudiquement un décideur français.
« Ne me tuez pas »
En fin de matinée, les derniers soldats pro-Gbagbo se débandent. Les FRCI s’avancent à nouveau vers la résidence. Plusieurs « comzones » (commandants de zone) sont là
: les commandants Zakaria Koné, Vetcho, Morou Ouattara et Wattao. Deux cents à trois cents hommes sont avec eux. Ils entrent prudemment dans le jardin de la résidence. À 12h45, Laurent Gbagbo décide de se rendre. Son secrétaire général, Désiré Tagro, téléphone à l’ambassadeur de France. « Prenez un drapeau blanc et sortez du bâtiment », lui conseille Jean-Marc Simon. « Quand il m’a parlé, il y avait un énorme brouhaha autour de lui, comme si des gens se disputaient », témoigne-t-il. Dix minutes plus tard, Tagro rappelle Simon: « Je suis sorti, mais on m’a tiré dessus. – Restez en ligne, j’appelle Soro. » Aussitôt, Simon contacte Soro, qui donne dix minutes à Gbagbo et à ses fidèles pour sortir du bâtiment. Dans le même temps, Soro ordonne à Zakaria Koné – qui était en « liaison portable ouvert » avec lui – de faire cesser les tirs pendant dix minutes.
Comment est mort Désiré Tagro
? « Il a eu la malchance de tomber sur des éléments qui l’ont un peu roué de coups », a dit le commandant Wattao sur RFI. Les circonstances de son décès restent mystérieuses. À 13h08, les commandants Vetcho et Morou Ouattara descendent dans le sous-sol de la résidence avec leurs hommes. Selon leur témoignage, Laurent Gbagbo lance: « Ne me tuez pas, ne me tuez pas. » Très vite, il reconnaît les deux comzones et paraît rassuré. C’est fini. Tout le monde se rend. Comme la France et Alassane Ouattara l’avaient demandé avec insistance, Gbagbo est sain et sauf. Sonné par les dernières heures de combat, épuisé, affamé comme les cent quatre autres occupants de la résidence – ils n’avaient plus rien à manger… Mais sain et sauf.
Quelques minutes plus tard, l’ancien maître de la Côte d’Ivoire est affublé d’un gilet pare-balles et d’un casque, puis emmené sans encombre jusqu’au Golf Hôtel. Son épouse a moins de chance. À son arrivée dans le hall, elle est reconnue, insultée, agressée. Tresses arrachées, vêtements déchirés. Michel, le fils aîné de Laurent, échappe de peu au lynchage. Chambre 468, Simone Gbagbo apparaît prostrée, yeux fermés. Son mari s’éponge le visage, les aisselles, change de chemise et parle à ses geôliers. Il semble ailleurs, incrédule devant sa propre chute.

Epuration ethnique anti Wê à Duékoué, le témoignage d’un humanitaire de la région

Ce témoignage est celui d’un habitant de Duékoué exerçant dans l’humanitaire, qui pour des raisons évidentes, préfère garder l’anonymat. Mais qui s’engage sur l’honneur et se dit prêt à témoigner devant n’importe quelle juridiction à l’avenir. Une liste des morts et des disparus de Duékoué est déjà en train d’être constituée pour ce qui apparaît comme le massacre de plus forte ampleur dans l’histoire de la guerre en Côte d’Ivoire.

La prise de Duékoué par les FRCI (ainsi se sont baptisées les troupes de Ouattara) a eu lieu le lundi 28 mars 2011. Les journaux qui leur sont proches confirment bien cette date, dans leurs parutions de lundi et mardi. De même que l’intervention d’Alain Lobognon, porte parole de Soro. Une depêche de l’AFP est disponible à ce sujet.
Après la prise de la ville, les FDS ont replié sur Guiglo, laissant les populations aux mains des rebelles. A Guitrozon et Petit-Duékoué, toutes les populations se sont refugiées en brousse, fuyant d’éventuelles exactions. Il en est de même des populations des villages WE de DAHOUA, BAHE, PINHOU et GLAOU.
Jusqu’à mercredi, la ville de Guiglo, coincée entre Blolequin (occupée par les FRCI) et Duékoué (occupée aussi), et sans défense aucune (les FDS ont décroché vers le SUD en passant par TAÏ) n’était pas prise par les FRCI, à la grande surprise des populations. On le comprendra dans ce qui suit.
Les FRCI tenaient à massacrer les populations du quartier CARREFOUR, soupçonné d’abriter un groupe d’autodéfense. Les tueries ont eu lieu dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, dans le quartier « Diaye Bernard » communément connu sous le nom de « CARREFOUR ». En regardant une carte GOOGLE EARTH, on peut localiser ce quartier qui a accueilli près de 9 000 réfugiés, suite aux conflits de janvier 2011 à DUEKOUE.
Il est situé à l’entrée de la ville de DUEKOUE, le long de l’axe ISSIA-DUEKOUE-MAN. Il est limité à l’EST (axe Duékoué-Issia) par une zone marécageuse qui donne sur la scierie NSD-THANRY et le camp de l’ONUCI. A l’OUEST, le quartier est bordé par les marécages du GUEMON. Ce sont ces marécages qui isolent ce quartier du centre ville. Le NORD du quartier est traversé par la route non bitumée Duékoué-Bagohouo-Kouibly. Le Nord est donc en zone rebelle, puisque le poste FDS est implanté dans le quartier. Le sud du quartier est la voie bitumée ISSIA-DUEKOUE-MAN.
Une fois la ville conquise le lundi 28 mars, les pillages ont commencé dans la nuit du lundi et se sont poursuivis toute la journée du mardi 29. Les populations étaient toutes terrées chez elles, les rebelles tirant pour couvrir leurs forfaits. Ainsi ont été pillés les hôtels Ermitage, Matchaix et Monhessea. L’hôtel en construction du politicien Séa Honoré, pourtant proche de Ouattara, a été pillé à partir du jeudi. Il en fut de même pour tous les domiciles des FDS (qui ont quitté la ville) et de tous les cadres proches de Gbagbo. Au cours des combats, des véhicules appartenant au riche commerçant DEMBA, d’origine malienne ont été brûlés. Au moins 7 gros camions, communément appélés remorques et servant au transport de cacao. Dans des circonstances non encore élucidés, l’imam Konaté, connu pour ses efforts de paix et de rassemblement et proche des cadres LMP de la région et du ministre Issa Coulibaly Malick, ex-DNC de Gbagbo, a été tué à son domicile.
Dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, les rebelles ont bouclé le carré du quartier CARREFOUR. Il a suffit pour cela de se positionner tout le long de l’axe DUEKOUE-ISSIA (Au Sud) et d’occuper de la même façon le Nord du Quartier. les zones EST et Ouest étant marécageuses, donc peu propices à la fuite, quelques rebelles suffisaient à empêcher toute sortie du quartier. Le reste de la troupe pouvait donc investir le quartier et se livrer à l’exécution de tout mâle ne parlant pas malinké. Les We, autochones de DUEKOUE ont donc été systématiquement massacrés, au seul motif de leur appartenance ethnique. Le CICR parle de 867 morts. Mais les disparus, les tués en brousse portent ce nombre à au moins 1200 personnes. L’objectif est de modifier le rapport démographique et électoral en faveur du RDR, dans cette région stratégique et riche, mais où les conflits fonciers sont un grand souci pour les autorités politiques.
Il convient de signaler que, devant l’ampleur des massacres et l’émoi créé, l’ONUCI s’est vue obligée de désarmer le samedi 2 avril 2011, à 15H, les rebelles postés au corridor de Guitrozon. « Pourquoi, tuez-vous tant de personnes? » s’est exclamé l’oficier marocain de l’ONUCI. A Petit-Duekoué, le même samedi vers 14H, deux rebelles qui avaient abattu sommairement des villageois ont été abattus, après sommation, par l’ONUCI.
Source http://kouamouo.ivoire-blog.com/

QUAND LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE SE MONTRE PARTIALE Les crimes et atrocités commises par Dramane Ouattara et ses terroristes

QUAND LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE SE MONTRE PARTIALE

 

Les crimes et atrocités commises par
Dramane Ouattara et ses terroristes

 

QUAND LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE SE MONTRE PARTIALE  Les crimes et atrocités commises par Dramane Ouattara et ses terroristes  dans Communauté internationale clip_image001

Les pires exactions sont actuellement commises en Côte d’Ivoire par les terroristes à la solde de Dramane Ouattara, candidat malheureux à l’élection présidentielle que la communauté internationale veut coûte que coûte imposer aux Ivoiriens. Ces atrocités ne sauraient échapper à l’opinion même si Choi, le boucher de l’ONU en Côte d’Ivoire, s’efforce de les masquer.

 

Le site internet INFOSCOTEDIVOIRE.NET, en plus de la campagne qu’elle vient de lancer pour traquer les mensonges de CHOI, de la Licorne et de l’ONUCI, revient ici sur le bilan des exactions et autres crimes commis par les partisans de Alassane Dramane Ouattara pendant la campagne électorale et depuis la proclamation des résultats par le Conseil Constitutionnel.

 

Les violences exercées par les partisans du candidat Alassane Dramane Ouattara contre les supporters et autres sympathisants de Monsieur Laurent Gbagbo s’inscrivent dans un contexte sociopolitique précis et peuvent être répertoriées en trois grands moments : 

  1. Il y a eu les violences enregistrées pendant la période électorale et singulièrement le 28 Novembre 2010, jour du second tour de l’élection présidentielle. En guise d’illustration, l’extrait suivant, tiré du rapport d’Amnesty International, publié le 22 Février 2011, est plus qu’édifiant. Surtout que M. CHOI, le représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU, patron de l’ONUCI, masque systématiquement les exactions commises par les rebelles : « Atteintes aux droits humains commises par les Forces Nouvelles (FN) .
  2. L’équipe de chercheurs d’Amnesty International a recueilli des témoignages fiables faisant état de viols, de détentions arbitraires et de mauvais traitements commis par des membres des FN dans des zones sous leur contrôle.
  3.  

Depuis que les FN ont pris le contrôle de certaines régions du pays en Septembre 2002, ces zones sont marquées par une absence de tout système judiciaire et de tout mécanisme assurant l’obligation de rendre des comptes. Les commandants des FN sont ainsi, tous puissants dans leurs zones et les habitants n’ont aucune voie de recours.


Homicides arbitraires et délibérés


En Octobre 2010, des membres des FN ont sommairement exécuté onze hommes qu’ils avaient détenus les accusant d’être des ‘’coupeurs de route’’ et  assassiné plusieurs voyageurs à Touba (environ 680 km à l’Ouest d’Abidjan). Bien que ces assassinats aient été publiquement connus (des membres des FN ont eux-mêmes filmé ces tueries y compris les cadavres des 11 personnes abattues), aucune mesure concrète ne semble avoir été prise par les dirigeants des FN pour demander des comptes aux auteurs de ces actes. » 

  1. Ensuite il y a eu les violences contre les partisans de Laurent Gbagbo après la proclamation des résultats du second tour par le Conseil Constitutionnel, qui l’a proclamé vainqueur et l’a investit par la suite. Les choses ont pris une fâcheuse tournure,  parce que le président de la Commission Electorale Indépendante (CEI), en violation flagrante des dispositions légales et réglementaires en vigueur en Côte d’Ivoire, était allé au QG de M. Ouattara proclamer, hors délai et de façon solitaire, des résultats non-validés par la commission centrale de la CEI pour désigner M. Ouattara comme vainqueur.
  2. Cela a déclenché, dans une précipitation visiblement orchestrée, les adresses de félicitations de certains pays à Alassane Ouattara. La situation s’est davantage détériorée par l’action des médias internationaux, qui n’avaient que faire de la violation de la Constitution, des lois, règles et procédures en vigueur et dont la mission a été de disqualifier le Conseil Constitutionnel qui devait systématiquement être présenté comme acquis à M Gbagbo.
  3. Ainsi, cette institution fut présentée comme pouvant tout dire sauf le droit. Dans le même temps, il fallait taire la composition de la CEI, complètement dominée par les rebelles et leurs alliés du RHDP et ne s’en tenir qu’à son appellation «commission électorale indépendante » qui en faisait une institution au-dessus de tout soupçon.  Comme il fallait s’y attendre, cet imbroglio a eu pour conséquence de créer la confusion.
  4. Enfin, il y a la violence qui se traduit par des actes de guérilla urbaine et de terrorisme quasiment quotidiens et quasiment étendue sur l’ensemble du pays suite aux appels insurrectionnels répétés des dirigeants de l’opposition regroupés au sein du RHDP. La caractéristique de cette 3ème phase de violences est l’entrée en scène, à Abobo, du commando à la solde de la rébellion dit «commando invisible ».
  5. À ce sujet, l’Agence France Presse (AFP) qui semble en savoir un peu plus, écrit, le 15 Mars 2011 : « Côte d’Ivoire: le « commando invisible » se dévoile. Le camp Ouattara ne semble plus passif face à l’impasse politique ivoirienne. Il passe désormais aux armes, grâce à un commando « invisible », officieusement à ses ordres. » Le tout apparait dans un contexte de reprise visible des hostilités par les rebelles. En effet, depuis le 26 Février, en violation du cessez-le-feu signé en 2004, les rebelles pro-Ouattara ont repris la guerre à l’Ouest du pays, en attaquant les localités de Zouan Hounien, Bin-Houyé, Toulépleu, Doké, Bloléquin et Duékoué dans l’indifférence de la communauté internationale.

Le chef rebelle pro-Ouattara, Soro Guillaume, avait  annoncé la reprise de la guerre pour imposer Ouattara, révélant que son camp était toujours «lourdement armé» alors que les rebelles étaient pourtant censés avoir désarmé.
Cette division en moments séparés permet de distinguer trois types de violences distinctes :

  1. Les menaces verbales, les agressions diverses ciblées, généralement nocturnes pour instaurer un climat de peur, de terreur ; des villes comme Divo, Gagnoa, Bondoukou et Dabou, qui, à l’instar des villes de Côte d’Ivoire, accueillent une forte proportion de populations allochtones et allogènes, notamment malinké et communément appelées « dioula », en ont été le théâtre.
  2. Ces violences ont toujours visé toutes les personnes connues ou simplement soupçonnées d’avoir voté pour M. Gbagbo. Dans le même temps, dans les zones du Nord de la Côte d’Ivoire, réputées favorables à Alassane Ouattara, au Centre et à l’Ouest du pays largement sous contrôle de la rébellion, ces violences sont restées permanentes. C’est certainement peu de dire que ces zones sont des zones de non-droit où les rebelles toujours en armes, règnent en maîtres. FREDERICK

 Ces violences ont connu une recrudescence dans le droit fil des violences électorales qui ont eu cours là-bas, telles que dénoncées avec beaucoup de détails, dans tous les rapports des observateurs africains, même si le représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU en Côte d’Ivoire, a choisi de les minimiser, tout comme les observateurs de l’Union Européenne d’ailleurs. 

  1. Les violences inouïes exercées  contre des citoyens aux mains nues taxées d’être des partisans de M. Gbagbo, suivies des incendies de leurs domiciles préalablement pillés par les partisans d’Alassane Ouattara. Cela s’est observé à Duékoué,  Lakota et dans les villes de l’intérieur du pays comme Abengourou où le Préfet a été agressé, son domicile pillé puis incendié. Lorsqu’ils ne trouvaient pas le moyen d’agir ouvertement pour respecter un quelconque mot d’ordre, les populations favorables à Alassane Ouattara prenaient prétexte, comme à Duékoué et à Lakota, d’incidents comme la mort d’une personne des suites d’actes de « coupeurs de routes »,
  2. ou une mésentente sur la gestion d’une gare routière, pour s’attaquer aux populations autochtones. Par ailleurs, les partisans de Alassane Ouattara, prenant prétexte d’obéir aux mots d’ordre d’«opérations villes mortes» et de «désobéissance civile» lancés depuis l’hôtel du Golf, n’ont pas hésité à s’attaquer à tous ceux qui ne respectaient pas ces mots d’ordre, dont chacun a pu constater qu’ils n’ont pas prospéré.

Les actes d’agression enregistrés lors de ces manifestations extrêmement violentes et l’annonce de nouvelles manifestations devant coûte que coûte aboutir à la paralysie du pays, ont fini par installer un climat général d’insécurité chez les populations visées pour avoir voté pour M. Gbagbo ; surtout que l’ONUCI était de plus en plus visiblement rangée du côté des rebelles.  

Ces manœuvres consistant en des appuis logistiques aux rebelles ont fini par être démasquées et ont provoqué des accrochages avec les populations au cours desquelles, l’ONUCI a fait usage d’armes à feu contre les civils aux mains  nues ou même contre des éléments des Forces de Défense et de Sécurité en service. Il est également constant que la mission des Nations Unies a brouillé les émissions de la radio et de la télévision nationale et prêtait même les ondes de sa radio pour une diffusion plus large des messages séditieux de la rébellion. Dans le même temps, les forces de l’ordre étaient prises à partie, certains agents ont même été tués au cours des opérations de maintien de l’ordre. 

  1. Les crimes ont aujourd’hui toutes les caractéristiques d’une épuration ethnique, d’un début de génocide planifié marqués surtout par les meurtres de personnes ciblées par l’incendie des corps. À cela s’ajoute la guerre ouverte contre toutes les positions des Forces de Défense et de Sécurité (camps militaires, commissariats de police, brigades de gendarmerie) partout où cela est possible : à l’intérieur du pays comme dans différents quartiers d’Abidjan, depuis l’entrée en scène du « Commando invisible » et l’engagement de combattants étrangers aux côtés des terroristes de Alassane Dramane Ouattara. Ce qui a abouti à l’exode massif des populations sans défense, vers les pays voisins fuyant les exactions des rebelles.
  2. Evidemment, il est  tout à fait loisible à la propagande  faite sur toutes les ondes médiatiques internationales au profit d’Alassane Ouattara, de présenter ces partisans de M. Gbagbo qui fuient les atrocités comme des partisans de M. Ouattara fuyant les forces régulières de Côte d’Ivoire. Au niveau d’Abidjan, les quartiers comme Abobo ou certains sous-quartiers de Yopougon, Adjamé, Attécoubé, Koumassi où les terroristes ont pris pied avec des complicités objectives des forces de l’ONUCI et d’une frange de la population, se vident d’une partie de leurs habitants, créant ainsi un exode interne massif vers les zones encore sécurisées par les Forces de Défense et de Sécurité.
  3.  

Le même rapport d’Amnesty International, cité plus haut, est suffisamment explicite sur d’autres exactions dont les terroristes à la solde de Dramane Ouattara se sont rendus coupables, sans qu’ils ne soient épinglés par les « redresseurs de torts » comme Nicolas Sarkozy et d’autres personnes. Ces exactions qui sont pourtant promptes à ruer dans les brancards contre Laurent Gbagbo, même quand il est avéré que les Forces de Défense et de Sécurité ivoiriennes qui ne font pas mystère de leur loyauté vis-à-vis de M Gbagbo, n’ont rien à voir avec elles.
Découvrons « Détention arbitraire et mauvais traitements 

À Mahapleu, un village situé entre les villes de Man et de Danané (à environ 600 km à l’Ouest d’Abidjan) dans lequel la plupart des habitants auraient voté pour le Président sortant Laurent Gbagbo, neuf hommes ont été détenus par les FN à la mi-Janvier 2011. Ils ont été durement frappés et maltraités pendant plusieurs jours. Ils ont finalement été libérés sans inculpation ni procès, mais ont été l’objet de menaces et la plupart d’entre eux ont dû quitter leurs maisons.


L’un d’entre eux a dit à Amnesty International :
«Ils m’ont emmené dans l’ancien centre médico-social qu’ils utilisent maintenant comme base militaire ; ils m’ont frappé très durement avec leur crosse de fusil et m’ont marché dessus. Ils m’ont mis dans deux grands sacs (les sacs utilisés pour le riz) et ont attaché les sacs avec une corde autour (comme une momie) pour que je ne puisse pas bouger les mains et les jambes. Puis ils m’ont frappé et menacé de mort ».
Viols


Également en Janvier, dans le même village, une femme et une adolescente âgée de 15 ans, ont été violées par un commandant des FN. La jeune fille a raconté son calvaire à Amnesty International :
« Je rentrais chez moi, vers 16 heures. Le commandant FN m’a forcé à monter dans son véhicule, m’a emmenée dans la brousse à l’extérieur du village et m’a violée à l’arrière du véhicule. Après, il m’a mise dehors et m’a laissée là-bas. J’ai marché jusqu’à chez moi. 

J’ai dis à une de ses amies ce qu’il avait fait. La nuit, il est venu chez nous. Moi j’ai fui dans la brousse  à côté de la maison  avec un grand frère. Quand ma maman a dit que j’étais sortie, le commandant a vu la femme de mon frère et il l’a frappée. Il a dit qu’elle savait où j’étais. Ensuite, ils ont arrêté mon frère et mon père. Je ne peux plus retourner chez moi, je me cache chez des parents très loin. » FABBRICE


Des réfugiés libériens pris pour cible


Après la marche du 16 Décembre 2011, des sympathisants du RHDP s’en sont pris à des réfugiés libériens vivant à Abidjan depuis plusieurs années ou décennies les accusant d’être des « mercenaires » engagés par les forces loyales à Laurent Gbagbo.
Un des réfugiés a dit à Amnesty International :


« Le 17 Décembre, vers 19 heures, cinq personnes sont entrées dans notre cour commune et ont demandé après les ‘Jeunes Libériens’. Ils m’ont tiré hors de ma chambre, m’ont battu avec un bâton et m’ont accusé d’être un mercenaire. Je les ai supplié d’arrêter de me battre  et leur ai dit que je vivais en Côte d’Ivoire depuis vingt ans après avoir perdu mes parents dans le conflit libérien. J’ai perdu ma maison et j’ai besoin de protection. »


Violences intercommunautaires et viols dans l’Ouest
La délégation d’Amnesty International s’est également rendue dans l’Ouest du pays, une zone contrôlée en partie par les forces loyales à Laurent Gbagbo et en partie par les FN. Cette région est depuis longtemps en proie à des tensions intercommunautaires entre des groupes ethniques qui ont été exacerbées par l’actuelle impasse politique.  

Cette situation a eu pour conséquence que quelque 70.000 personnes ont fui leur maison. La moitié d’entre elles ont cherché refuge dans des camps pour personnes déplacées situées non loin de leur zone d’habitation ou sont allées vivre chez des proches dans d’autres villages. L’autre moitié a fui la Côte d’Ivoire pour trouver refuge dans les pays voisins, notamment le Libéria.
En Janvier 2011 à Duékoué (à environ 500 km à l’Ouest d’Abidjan), environ 40 personnes ont été tuées dans de violents heurts intercommunautaires, des centaines de maisons ont été brûlées, et des milliers de personnes ont trouvé refuge dans des camps pour personnes déplacées dans l’ouest du pays.
Les personnes ont été ciblées en raison de leur appartenance ethnique, certaines ont été tuées et des maisons et propriétés ont été incendiées et pillées. Les quartiers habités par une communauté ont été brûlés par l’autre pendant que dans des quartiers mixtes les maisons ont été ciblées en fonction de l’appartenance ethnique et des affiliations politiques présumées de leurs habitants.  

Presque toutes les personnes interrogées par Amnesty International, à Duékoué, ont décrit leurs agresseurs en utilisant des termes ethniques, soit les « Dioulas » (considérés comme les partisans de Ouattara) ou les « Guérés » (considérés pour être les partisans de Gbagbo).
Les populations locales avec lesquelles Amnesty International s’est entretenue à Duékoué ont indiqué que les forces de sécurité loyales à Laurent Gbagbo étaient incapables ou peu disposées à intervenir pour empêcher les attaques par l’un ou l’autre camp.
Une femme guéré a dit à Amnesty International :
« Quand les Malinkés (Dioulas) sont venus pour attaquer le quartier, je me suis réfugiée dans la maison d’une famille voisine venant du Burkina Faso. Les Malinkés sont venus demander s’il y avait des Guérés, pour les faire sortir et les tuer. Mon hôte a dit qu’il n’y avait seulement que des étrangers ici et des Dioulas. Il m’a ensuite aidé à quitter le quartier et je suis venue ici, à la mission catholique ».
La plupart des victimes à Duékoué, faisaient partie de la communauté Guéré, mais des membres de la communauté dioula ont également été attaqués.
Un témoin a dit à Amnesty International :
«Ceux qui sont venus attaquer notre quartier le lundi 3 Janvier, je les connais personnellement ; c’est ce qui m’a sauvé la vie. Je les ai suppliés d’épargner ma maison et ils l’ont fait. Mais ils ont brûlé toutes les maisons des personnes qui n’étaient pas des Guérés. Ils ont tué un voisin, un Guinéen, il était venu rendre visite à un ami malien. Quand ils sont arrivés, il s’est caché derrière la porte, ils l’ont attrapé et l’ont tué. Ils lui ont coupé la main et le pénis qu’ils ont mis au bout de leur fusil. »
Plusieurs femmes Guérés ont dit à Amnesty International qu’elles avaient été attaquées et victimes de viols collectifs dans leurs propres maisons qui étaient ensuite incendiées.
« Le mardi 4 Janvier, dans l’après-midi, ça tirait et nous-nous sommes cachées dans la maison. Nous étions beaucoup parce que d’autres voisines étaient venues se cacher chez nous, dans la cour de mon père. Ils ont cassé la porte et sont rentrés et ont commencé à frapper les garçons et violer les femmes. Ils étaient Dioulas, habillés avec des boubous (habit traditionnel) et avaient des gris-gris. Plusieurs femmes ont été violées dans notre maison. 

Ils ont poussé quelques garçons dehors et ont frappé des femmes enceintes. J’ai été violée par trois hommes ; ils nous ont dit de nous coucher par terre et ont dit : ‘On va vous tuer’. Le même soir nous avons fui. Nous sommes allées à la mission catholique, en ville, mais il n’y avait pas de place et maintenant on est chez ma grande sœur au quartier Carrefour ; elle nous a prêté une toute petite chambre dans sa maison. »
Les délégués d’Amnesty International ont par la suite accompagné cette femme jusqu’à sa maison incendiée dans le quartier Toguéi de Duékoué. Toguéi n’est à présent qu’un amas de décombres de maisons incendiées et les seules personnes qui s’y trouvent sont des personnes n’appartenant pas à l’ethnie Guéré.
Une femme Guéré qui se trouve à présent à Abidjan après avoir fui son village a dit à Amnesty International : « Le lundi 3 Janvier, ils sont venus très tôt le matin. J’étais dans ma maison dans la cour de mon père avec ma maman, ma grande sœur et mes petits frères. Ils avaient des couteaux et des machettes. Ils ont cassé la porte de ma maison et m’ont découverte. Ils s’étaient masqués le visage avec du charbon. Ils n’ont rien dit ; ils se sont jetés sur moi ; ils ont fait n’importe quoi avec moi. 

Trois ou quatre d’entre eux m’ont violé. Ils ont brûlé ma maison, la maison de ma famille et ils ont tué mon frère. Ils ont tout volé dans mon magasin, puis l’ont brûlé. Le même jour nous avons fui, avec ma maman et la femme de mon frère et ses enfants. Nous sommes passés par la brousse et sommes allés dans un petit village et le lendemain on est venu ici. »


Dans la partie Ouest du pays, il y a eu, au cours des derniers mois, une nette augmentation du nombre de cas de femmes attaquées et violées qui ont été signalés. La plupart des victimes ont été agressées alors qu’elles se rendaient au marché et il ressort que de telles attaques sont perpétuées par les « coupeurs de routes ». Les responsables de ces actes ne sont pratiquement jamais recherchés ou appréhendés et les victimes n’ont aucun espoir d’obtenir justice et réparation.»

Un dossier de SEGLOIN Mansaiédo
Et Nihalamanson ATEIGNAN

 Source : www.infoscotedivoire.net

 

 

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Les hoquets de la rébellion de Tché Bi Tché,www.gbagbo.ci | samedi 26 mars 2011

Tout sur l’opération «côtière». La poignée de jours qui nous sépare d’avril sera déterminante dans l’issue de la crise. La coalition rebelle qui peine à installer Ouattara au pouvoir va lancer dans les heures ou jours qui viennent une opération baptisée « Opération côtière ». La coalition rebelle avait prévu l’apocalypse sur Abidjan, le jeudi dernier. En tout et pour tout, il y a eu une infiltration massive d’insurgés dans les quartiers d’Angré et de Mahou que les Fds ont vite fait de débusquer. Convaincus que le chrono tourne en faveur de Laurent Gbagbo, Ouattara et ses partisans veulent donner l’assaut final. Non pas à Abidjan, où ils subissent de sérieux revers, mais sur la côtière du pays. Cinq (5) villes sont dans leur viseur. «Opération côtière», c’est le nom de code de ladite opération. La coalition rebelle veut frapper simultanément Grand-Lahou, Fresco, Sassandra, San Pedro et Tabou. Le but, c’est d’empêcher le gouvernement Aké N’Gbo de s’emparer des stocks de cacao. A défaut, de les faire sortir du pays. Le délai du gouvernement aux opérateurs expirant le 31 mars 2011, prendre le port de San Pedro, port par lequel transite 80% du cacao ivoirien, s’avère pour la coalition rebelle, un objectif majeur. Les moyens et les hommes sont en train d’être mobilisés. S’agissant des hommes, le gros de la troupe sera constitué de ressortissants de la Cedeao. Du reste, ceux qui sont de mèche avec les rebelles. Pour ce coup, ils ont décidé de mettre en veilleuse leurs activités champêtres pour servir la cause de Ouattara. Un certain Zongo Bouréima, trafiquant d’armes, basé à Grabo, après son séjour à Ouaga, est très actif sur le terrain. Il est aidé dans sa sordide tâche par Ouédraogo Béhima. Ce dernier, ayant fait du faux sur les documents administratifs se fait appeler aujourd’hui, Michel Kouadio. Les moyens, apprend notre source, proviennent des circuits mafieux habituels. Mais pour ce coup-ci, les opérateurs incriminés ont décidé pour certains, de délier les cordons de la bourse. Espérant que la réussite de ce coup donnera un coup de frein à la décision gouvernementale. Il se murmure que les locaux de Cargill à San Pedro sont le théâtre de mouvements suspects. Est-ce à dire qu’on fait le lit à une insurrection dans la cité balnéaire ? Il y a un pas qu’il ne faut pas franchir. En tout état de cause, les Fds qui restent déterminées sauront prendre des dispositions pour faire échec à ce funeste dessein. Notons que depuis l’éclatement de la crise militaro-politique, en septembre 2002, la rébellion armée a toujours fait de la 2e ville portuaire, une des priorités. Histoire d’avoir une fenêtre sur la mer. Malheureusement pour elle, les Forces régulières se sont toujours montrées intraitables.

 

CEDEAO, UA, ONU, toutes impuissantes – La seule issue qui reste aux Ivoiriens Publié le samedi 26 mars 2011 | L’Inter

Inédite (deux présidents de la République pour un même pays), la crise post-électorale ivoirienne n’a pas encore fini de révéler toutes ses facettes au monde entier. Cette crise est en train de passer pour le conflit le plus difficile à régler, eu égard à l’échec des efforts entrepris jusque-là pour la dénouer. Quatre mois après la proclamation des résultats du scrutin du 28 novembre 2010, qui a débouché sur cette conjoncture aiguë, le monde entier s’est mobilisé sans pouvoir trouver la formule idéale pour arrêter les affrontements, tueries et autres exactions aujourd’hui responsable d’un exode massif des populations, déjà durement éprouvées, déjà, par des mesures absurdes prises à l’encontre de l’Etat de Côte d’Ivoire. Au commencement était la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Comme c’est le cas dans le fonctionnement des organisations internationales, il appartenait à l’organe sous-régional de monter au créneau pour tenter de désamorcer la bombe ivoirienne. Réunis à plusieurs reprises, les chefs d’Etat de la CEDEAO ont joué leur carte. Alignés derrière la position de l’ONU, qui reconnaît comme président élu Alassane Ouattara, le président en exercice de l’organe ouest-africain, Jonathan Goodluck, et ses pairs vont même envisager l’option de la force dite  »légitime » pour déloger du pouvoir Laurent Gbagbo. Avant de déchanter de leur propre solution, qui n’aura paru comme un simple chantage auquel n’a pas cédé le locataire du Palais d’Abidjan. Dans la foulée, des émissaires sont successivement commis pour faire plier celui qui a été déclaré vainqueur des élections et investi par le Conseil constitutionnel ivoirien. Les voyages de l’ex-président sud-africain Thabo M’beki, du Premier ministre kenyan… ne donneront aucune suite. Idem pour les injonctions répétées de l’ONU et de grandes puissances mondiales telles la France et les Etats-Unis, très actifs sur le front diplomatique pour  »chasser » du pouvoir celui qu’il considèrent comme un mauvais perdant dans le jeu démocratique en Côte d’Ivoire. Les résolutions se multiplient au Conseil de sécurité. Les restrictions pleuvent de partout sur la Côte d’Ivoire. Réaffirmation de l’embargo sur les armes, embargo de l’Union européenne sur les ports ivoiriens, embargo sur l’achat des matières premières du pays, fermeture de la BCEAO (banque centrale) aux Ivoiriens, etc. Toutes ces restrictions, qui sèment le désarroi dans le peuple de Côte d’Ivoire ne donneront toujours rien. Jusqu’à présent. Finalement, le dossier va échoir à l’Union Africaine (UA), dont le sommet du 31 janvier 2011 met un point d’honneur sur le règlement de cette crise bouleversante en Côte d’Ivoire. Séance tenante, un panel de chefs d’Etat est désigné pour trouver, sur un délai d’un mois, une thérapie  »contraignante » à imposer aux deux camps protagonistes de la crise. Au terme de ce délai, et même au delà, le Mauritanien Mohamed Abdel Aziz, le Burkinabé Blaise Compaoré, le Tchadien Idriss Déby Itno, le Tanzanien Jakaya Kikwete et le Sud-Africain Jacob Zuma vont arriver difficilement à emboucher la même trompette autour d’une solution. L’on retiendra de leur mission, le communiqué alambiqué produit par le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA, le 10 mars dernier, reconnaissant Alassane Ouattara comme président et demandant au même Conseil constitutionnel qui a déjà reconnu et investi Laurent Gbagbo comme président de la République, de lui donner la même onction pour gouverner. Une décision difficile à mettre en œuvre, que le CPS a décidé de confier à un Haut représentant attendu en vain jusqu’à ce jour. Alors qu’il était prévu qu’il débute sa mission avant le jeudi passé. Entrevoyant un échec de la médiation de l’instance panafricaine, la CEDEAO a entrepris de reprendre en main le dossier. Retour à la case départ. Tous les regards vont rester tournés vers Abuja, jusqu’à ce que là encore, l’on entende les dirigeants ouest-africains s’en remettre à nouveau à l’ONU. Celle-là même qui s’illustre déjà en instigateur, mais également partie prenante à toutes les initiatives au-delà des assises et des décisions du Conseil de sécurité, qui n’ont elles-mêmes rien donné jusque-là. En définitive, CEDEAO, UA, ONU, toutes se sont fourvoyées dans la crise ivoirienne dont la complexité n’est plus à démontrer, comparativement à des conflits plus récents tels ceux qui ont secoué les pays arabes du Maghreb, en particulier le cas de la Libye, où les puissances mondiales semblent plus à l’aise pour intervenir. La résolution de ces crises n’a-t-elle pas détourné les regards du bourbier ivoirien? Voilà qui devrait interpeller les acteurs politiques ivoiriens à travailler pour un dialogue interne, la seule alternative restante pour arrêter la saignée, sauver encore des vies et mettre fin à la misère du peuple que tous prétendent vouloir servir.

Félix D.BONY

A LA FRANCE citoyenne au nom de la Paix en Cote d’Ivoire

Sous nos yeux et dans le silence de notre indifférence se noue peu à peu un drame à venir. Au nom de ses amitiés avec un des candidats à l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, le Président Sarkozy est en train d’entraîner la France dans une aventure militaire. Sous le couvert de la « communauté internationale » et en instrumentalisant l’O.N.U., ses amis et lui ont décidé d’installer par la force des armes, à la tête de la Côte d’Ivoire, les principaux acteurs de la rébellion qui a endeuillé ce pays depuis 2002. Le battage médiatique auquel nous assistons depuis quelques semaines ne vise qu’à préparer l’opinion publique à ce déni de droit international. Il vise à accréditer demain la thèse d’une guerre civile entre Ivoiriens.
Citoyens de France,
Ne laissez pas perpétrer un autre génocide en Afrique noire, en votre nom.
Ne vous taisez pas alors qu’il en est encore temps. Demain, la France sera coupable d’avoir créé les conditions de massacres en Côte d’Ivoire.
Patrie des droits de l’homme et du citoyen,
Ne sois pas indifférente au sort des peuples qui veulent assumer leurs droits souverains et défendre leurs institutions légales. Ce n’est pas un crime de vouloir être libre et de faire respecter les lois de la démocratie.
Nous citoyens de France, croyons aux valeurs de liberté et souveraineté que la France enseigne au monde depuis des siècles.
Citoyens de France,
Demandons au Président Sarkozy d’œuvrer à la recherche d’une solution politique en Côte d’Ivoire plutôt que de préparer une guerre injuste contre le peuple ivoirien.
Demain ce sera trop tard en Côte d’Ivoire à cause de votre indifférence.

Le collectif des citoyens de France
Parrainé par Calixte Beyala

 

Crise post-électorale : QUE DE SANCTIONS INEDITES CONTRE LA COTE D’IVOIRE

La crise post-électorale montée de toutes pièces par la France et le secrétaire général de l’Onu, Ban Ki-moon, à travers son représentant spécial en Côte d’Ivoire, Young Jin Choi,a été le prétexte pour une partie de la communauté internationale,de servir un lot de sanctions à la Côte d’Ivoire. Pour contraindre le Président élu Laurent Gbagbo à céder le fauteuil à son rival et candidat malheureux, Alassane Ouattara, à la présidentielle du 28 novembre 2010. Retour sur des sanctions allant des interdictions de visas à l’embargo sur les produits pharmaceutiques, en passant par l’asphyxie économique du pays.

Deux semaines après la présidentielle du 28 novembre, à la suite des menaces de sanctions brandies par les Etats-Unis et la suspension de la Côte d’Ivoire par l’Union africaine et la Cedeao le 7 décembre, la diplomatie européenne se réunit à Bruxelles, le 13 décembre 2010, pour adopter des sanctions contre le Président Laurent Gbagbo qui, selon eux, refuse de reconnaître la victoire de son rival, Alassane Ouattara, reconnu par une partie de la communauté internationale.

Accusations fallacieuses

L’Union européenne, à travers ses ministres des Affaires étrangères, adopte l’interdiction de visas et un gel des avoirs du Président Gbagbo et plusieurs dirigeants ivoiriens. A ce propos, Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, espérait que «la décision de principe adoptée allait convaincre les dirigeants ivoiriens avant qu’on en arrive au stade de sanction proprement dite». Le 20 décembre 2010, l’Union européenne met à exécution sa ménace. 27 pays de cette union décident de priver le Président Gbagbo, son épouse et 17 autres personnalités, de visas d’entrée sur leurs territoires. Le lendemain 21 décembre, les Etats-Unis, à travers la secrétaire d’Etat, emboîtent le pas à l’Union européenne, en donnant leur feu vert pour des sanctions immédiates, empêchant le Président Gbagbo et une trentaine de personnes de son entourage de se rendre aux Etats-Unis. La communauté internationale qui a pris fait et cause pour son poulain, Alassane Ouattara et dans leur volonté manifeste de déstabiliser la Côte d’Ivoire, publiera le 14 janvier 2010, une liste de 11 sociétés d’Etat et 85 personnalités, dont les ministres du gouvernement Aké N’Gbo, les directeurs généraux de la Rti et de Fraternité Matin, qui écopent ainsi des sanctions de l’Union européenne. A travers des interdictions de se rendre dans l’Union européenne et le gel des avoirs. Le chef d’accusation, aussi ironique que fallacieux, était le refus pour ces personnes et entreprises visées, de se mettre à la disposition «d’Alassane Ouattara, président reconnu par la communauté internationale», alors que le Président élu par le peuple de Côte d’Ivoire est bien Laurent Gbagbo. Le ridicule, c’est que la liste des sanctionnés au nombre desquels le président du Conseil constitutionnel, Paul Yao N’Dré, est dressée depuis l’hôtel du Golf, siège du gouvernement virtuel d’Alassane Ouattara.

Dans le même mois de janvier 2011, les choses vont s’accélérer. Le 20 janvier, l’Union africaine envisage des sanctions économiques contre la Côte d’Ivoire. Le 25, Alassane Ouattara appelle au boycott de l’exportation du café et du cacao. La multinationale Cargill suspend tout achat de cacao de Côte d’Ivoire. Elle est soutenue dans cette action par Washington. L’Union européenne se remet en selle le 26 janvier, en brandissant un embargo commercial sur la Côte d’Ivoire. La France qui militait pour une intervention militaire africaine en Côte d’Ivoire, revoie sa position le 28 janvier et privilégie des sanctions financières contre le régime de Laurent Gbagbo. Tout ce vaste complot européen aura pour conséquence le refus de leurs navires de fréquenter les ports ivoiriens.

Produits pharmaceutiques sous embargo

A savoir Abidjan et Sans Pedro. Plus grave, cette interdiction de la destination Côte d’Ivoire va s’étendre à tous les produits, même pharmaceutiques. L’Union européenne va faire la preuve de son crime contre l’humanité en Côte d’Ivoire, le 10 février. Ce jour-là, des produits pharmaceutiques en provenance de l’Europe sont détournés vers le port de Dakar. Quel cynisme! Entre-temps, la France qui veut absolument asphyxier la Côte d’Ivoire, avait déjà actionné les ministres des Finances de l’Uemoa. Qui, le 23 décembre 2010, au sortir de leur rencontre de Bissau, avaient annoncé reconnaître la signature d’Alassane Ouattara pour le compte de la Côte d’Ivoire. Un mois plus tard, soit le 22 janvier 2011, les chefs d’Etat vont emboîter le pas à leurs ministres, en contraignant à la démission, le gouverneur de la Bceao, l’Ivoirien Philippe Henri Dakoury Tabley. Toujours dans leur logique, l’intérimaire du siège à Dakar, le Burkinabé Jean-Baptiste Comparé, demande à la direction nationale de la Beceao de ne plus traiter avec le Trésor ivoirien. Ce qui devait porter le coup de massue à l’économie ivoirienne. Le gouvernement prend ses responsabilités et le 25 janvier, il procède à la nationalisation des agences locales de la Bceao. Il s’en suivra la fermeture successive des banques commerciales, avec en tête, les filiales françaises, la Sgbci et la Bicici. Qui ont été à leur tour nationalisées.

Malgré tous ces complots, le gouvernement a continué de fonctionner en payant régulièrement les salaires des fonctionnaires. Depuis le 6 mars, le Président Laurent Gbagbo a pris une ordonnance, pour la reprise en main par l’Etat, de la commercialisation du binôme café-cacao.

Marc Yevou

 

 

Marché mondial du cacao : L’étau se desserre autour de la Côte d’Ivoire de Bamba Mafoumgbé,www.gbagbo.ci | mardi 22 mars 2011

Visiblement, la décision de l’Etat de prendre en main l’achat et l’exportation du cacao est en train de faire bouger les lignes et partant, fissurer le front anti- Gbagbo sur le marché mondial du cacao. Un article paru dans le Financial Times du 21 mars 2011 dernier, précisément à la page 34 de la rubrique «Companies and Markets» nous en donne plus de détails sur la façon dont l’étau se desserre autour du cacao ivoirien. En effet, sous les plumes de Jack Farchy et Javier Blas, il est écrit que l’un des gros exportateurs de cacao de Côte d’Ivoire, le trader Noble Group a déclaré qu’il acceptait d’écouler son stock avant le 31 mars, et qu’il allait dorénavant payer les taxes au gouvernement Aké N’Gbo. (voir version anglaise). Ce groupe chinois de Hong-Kong se désolidarise ainsi du front anti-Gbagbo des traders européens et américains que sont Barry Callebaut, Archer Daniels Midland, Cargill, Olam, Touton, Ecom Agroindustrial et Armajaro qui continuent la résistance mais avec la peur au ventre. Selon l’article du FT, « des responsables de ces groupes européens et américains disent que si jusqu’au 31 mars, Gbagbo a encore la réalité du pouvoir, ils n’auront plus d’autre choix que de lui payer les taxes afin de sortir le cacao. On se rappelle que le gouvernement du président Gbagbo avait donné jusqu’au 31 mars aux exportateurs de cacao qui faisaient de la rétention de stock d’écouler le cacao qui se trouvait dans leurs entrepôts faute de quoi, ces stocks seraient saisis et vendus par le gouvernement. «A noter que le stock concerné est de 400 mille tonnes de cacao marchand qui sont bloqués dans les magasins des multinationales exportatrices dans les ports de San Pedro, premier port mondial de cacao et celui d’Abidjan. Ces exportateurs obéissaient ainsi à l’interdiction d’exporter le cacao dans le but de ne pas payer la taxe sur l’exportation à l’Etat dans le plan d’asphyxie financière que le locataire du Golf voulait appliquer avec la complicité de l’Union européenne qui avait interdit aux bateaux immatriculés dans l’espace européen de desservir les ports ivoiriens. A la victoire en consolidation dans le secteur bancaire, pourrait s’ajouter celle du cacao d’ici le 31 mars prochain. Attachons les ceintures, nous sommes à « l’atterrissage »

 

La crise ivoirienne inquiète le Fmi de Joseph Atoumgbré,www.gbagbo.ci | samedi 19 mars 2011

La crise politique en Côte d’Ivoire fait peser des risques graves sur la reprise économique en cours dans les pays de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’ouest (Cedeao), a indiqué jeudi, un rapport du Fonds monétaire international (Fmi). « La crise politique qui n’en finit pas en Côte d’Ivoire fait peser des risques graves » sur la croissance économique des pays riverains, indique le Fmi dans un document rendant compte d’une réunion organisée lundi par son Conseil d’administration au sujet de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (Cedeao). Les administrateurs du Fonds, représentants de ses Etats membres, « ont exprimé la profonde inquiétude » que leur inspire la situation en Côte d’Ivoire « alors qu’une reprise économique est en cours » à l’échelle de la région. Selon eux, le risque d’affaiblissement de la reprise se transmettrait en particulier par les canaux des échanges et transports, envois de fonds et migrations, ainsi que liens financiers. Car, depuis le début de cette crise, il y a plus d’une décennie, les pays limitrophes de la Côte d’Ivoire et ceux de l’Uemoa ont établi d’autres itinéraires de transport. Ils craignent « que les conséquences de la crise » ivoirienne « soient graves pour la région si celle-ci persiste », ajoute le document publié à Washington, siège du Fmi. Le document du Fonds mentionne aussi que la montée des prix du pétrole et de l’alimentation induit un risque de « pressions inflationnistes aux effets néfastes sur la pauvreté ». « Dans ces circonstances, les administrateurs ont souligné à quel point il est important de se concentrer encore plus sur la mise au point de plans de prévention et la gestion de crise afin de limiter les conséquences de la crise ». Ils ont également « souligné le besoin de surveiller de près la situation économique et financière des pays membres de la Cedeao et de dégager des marges budgétaires pour des dépenses d’urgence en réformant le code des impôts et l’administration et en contrôlant les dépenses récurrentes. Aux yeux du Conseil d’administration, « tout transfert de revenus ou subside » destiné à amortir les effets de l’inflation devra « être ajusté avec soin pour protéger les plus vulnérables ». « La stabilité politique de la région est une condition préalable à la poursuite de la reprise économique », note le Fonds. Selon lui, si la Côte d’Ivoire sort de sa crise politique rapidement et de manière pacifique, la région pourrait continuer de faire l’expérience d’une reprise économique avec une croissance du Produit intérieur brut (Pib). L’année dernière, cette croissance était à 4% et 3% une année auparavant. Néanmoins, ajoute le communiqué, même dans ce cas-là, la croissance régionale restera inférieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Cette croissance pourrait selon les experts du Fonds être proche de 4,5% en 2011 et supérieure à 5% à moyen terme si elle applique seulement des bonnes mesures. Qui sont d’une part, le maintien de la stabilité macroéconomique, par la création d’une marge de manœuvre budgétaire pour les dépenses prioritaires par l’augmentation des recettes fiscales et de l’amélioration de la qualité de la dépense. D’autre part, conseille le Fonds monétaire international, ces pays doivent approfondir les marchés financiers, améliorer la coordination des politiques nationales, notamment en améliorant la gestion des finances publiques par l’application en temps opportun des directives pertinentes. Dernier élément que conseille le Fonds aux pays de la sous région, c’est l’accélération de la mise en œuvre des grandes reformes structurelles pour améliorer le climat économique, la gouvernance, et le fonctionnement du secteur de l’énergie. La Côte d’Ivoire, il faut le rappeler est leader de la sous-région avec 40% du Produit intérieur brut (Pib). Malheureusement, elle a été contrainte de sortir depuis décembre dernier pour taper du poing sur la table lors du sommet des chefs d’Etat membres de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uemoa) contre la « guerre » que lui mènent certains Etats membres. Aussi, pour asphyxier financièrement, le Président de la République, Laurent Gbagbo, Dakar a coupé le « pont » avec Abidjan. La direction nationale de cette banque à Abidjan a été nationalisée pour permettre aux banques locales de mener leurs différentes opérations.

 

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